L'Afghanistan au Conseil: une aide militaire renforcée peut faire la différence entre le succès et l'échec

27 mai 2004

Lors de son intervention devant le Conseil de sécurité aujourd'hui, le Représentant spécial de l'ONU pour l'Afghanistan a demandé - peut-être pour la dernière fois avant les élections, a-t-il souligné - aux Etats membres de l'OTAN de répondre à l'appel qui leur a déjà été lancé par le Secrétaire général et de renforcer la présence des troupes internationales en Afghanistan, un facteur déterminant dans la sécurisation du pays et par conséquent le bon déroulement des élections.

« La carte des zones à risque, faible, moyen ou élevé, n'a guère changé depuis mon dernier exposé devant le Conseil de sécurité, si ce n'est que la situation a évolué de façon négative dans les secteurs les plus dangereux et en particulier dans le Sud », a indiqué ce matin le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan, Jean Arnault dans son compte-rendu au Conseil de sécurité.

Il a précisé que cet accroissement des incidents et son cortège de conséquences, sont considérés par la coalition comme faisant partie de la résurgence de printemps et a aussi souligné que, parallèlement aux groupes extrémistes traditionnels tels que les Talibans dans le Sud, ces incidents pouvaient également être liés à la violence associée à la drogue ou encore aux milices combattant les Taliban.

C'est ainsi, a indiqué M. Arnault, qu'il a été découvert qu'une attaque récente menée contre une mission d'évaluation électorale avait été organisée par le Commandant local de la brigade des frontières, peut-être impliqué dans des activités criminelles.

A Kaboul même, qui n'a pas connu comme au cours de l'hiver précédent des attaques suicide dirigées contre des patrouilles de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), une patrouille de la FIAS a été attaquée à la grenade, la semaine dernière, a-t-il ajouté.

C'est dans ce contexte que le processus électoral s'étend maintenant aux régions à risques en étroite coopération avec les forces de la coalition. A l'inverse des prévisions, a souligné M. Arnault, cette élargissement du processus en dehors des centres urbains n'a pas entraîné de baisse de la participation des femmes qui a, au contraire, fortement progressé au cours des deux derniers mois et représente désormais 37 à 38 % des inscriptions pendant cette période. Cependant, les femmes restent sous représentées dans les inscriptions du Sud-est et de l'Est où elles constituent moins de 30% des inscrits.

Même si des centres d'inscription ont été ouverts dans des zones à haut risques comme les provinces de l'Ourouzgan et de Zaboul, « il existe une nette possibilité que l'insécurité entraîne une sous représentation de certaines provinces », a déclaré Jean Arnault qui a cité, pour appuyer ses dires, le cas des neuf provinces du Sud et du Sud-est qui, pour le moment, ne représentent que 12% des inscrits.

Cette sous représentation peut avoir des incidences sur le résultat des élections présidentielles, « en particulier si celui-ci prend une dimension ethnique ou régionale », a-t-il souligné, ajoutant qu'elle « générerait de toutes façons une frustration et une suspicion de la part des secteurs qui ont été privés délibérément de leur droit électoral. »

« Il ne fait aucun doute de l'effet positif que la tenue d'élections nationales peut avoir sur la consolidation de la paix en Afghanistan ; elles peuvent même avoir une valeur inestimable à l'égard d'une finalité vitale à savoir la légitimité accrue du nouvel Etat et le renforcement de son autorité qui lui permettrait d'être mieux armé face à la persistance de l'extrémisme, des factions, des stupéfiants et de ce qui est encore le très sombre tableau des droits de l'homme », a indiqué le Représentant spécial.

« De façon assez surprenante pour un pays qui n'a pas de forte tradition électorale », a-t-il poursuivi, « l'inscription électorale a entraîné une large mobilisation de la population qui demande avec insistance de participer au processus électoral ce qui devrait rassurer ceux qui pensent que ces élections n'avaient pas d'assise populaire. »

« Il y a une dynamique. Il y a une attente », a-t-il affirmé, « mais un processus perçu comme biaisé ou faussé peut saper ces espoirs ».

Alors, a déclaré Jean Arnault, « laissez-moi conclure par où j'ai commencé avec la question de la sécurité et demander ?peut-être pour le dernière fois ? aux Etats membres de l'OTAN [...] de répondre à l'appel du Secrétaire général et de respecter leurs engagements à l'égard du peuple d'Afghanistan. »

« Une présence militaire internationale robuste et répandue dans le pays qui vienne renforcer les forces nationales de sécurité reste vitale [...]. A ce moment critique pour le processus de paix en Afghanistan, l'aide internationale en matière de sécurité peut faire la différence entre le succès et l'échec », a-t-il prévenu:

image Reportage de la Radio ONU (audio)

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