L'Envoyée de l'ONU s'efforce de convaincre les Iraquiens de la fiabilité du processus électoral

25 mai 2004

La responsable de l'équipe d'assistance électorale à Bagdad a donné des assurances concernant l'impartialité du processus de nomination des membres de la Commission électorale qui a suscité plus de 1 800 candidatures dont celles de plus de 100 femmes.

« Nous avons pensé que la nomination de la Commission électorale qui va superviser la mise en place des politiques de l'institution [électorale dans son ensemble], qui va avoir à régler des différends entre des citoyens et des organisations iraquiennes sur la façon de conduire le processus électoral, ne pouvait se faire dans une arrière-salle toutes portes fermées », a indiqué Carina Perelli, qui dirige la mission d'assistance en Iraq, lors d'une conférence de presse organisée par l'Autorité provisoire d'administration en Iraq.

« C'est pour cela, a-t-elle poursuivi, que l'ONU a invité l'ensemble la population à participer au processus de nominations. [...] En un laps de temps très court imposé par la date limite du 31 mai, la population iraquienne nous a littéralement inondés de candidatures et de propositions de candidatures extrêmement valables », 1 878 au total dont 111 femmes, ce qui est d'autant plus remarquable que ces personnes devaient remplir un formulaire de 17 pages, a précisé Carina Perelli qui a ajouté que ces propositions de candidatures provenaient de l'ensemble du pays et qu'il n'y avait pas un seul gouvernorat qui ne soit représenté.

« Nous entrons maintenant dans la seconde phase, celle des interviews menées par un groupe de personnalités éminentes dans le monde électoral », a-t-elle ajouté avant de présenter les membres de ce groupe : le juge Johann Kriegler, « chef des observateurs électoraux lors des élections sud-africaines qui ont mis fin à l'apartheid », Madame Jaquine Techien, « commissaire, jusqu'en novembre dernier, à l'Institut Fédéral des élections de Mexico », Don Bouyenne « qui a participé à certains des processus électoraux parmi les plus importants que l'ONU ait jamais conduit, du Paraguay à l'Erythrée » et Carlos Valenzuela, qui « m'aide actuellement dans la négociation des accords et s'efforce de mettre sur pied les structures qui permettront à la Commission de fonctionner à plein régime. »

Répondant aux questions des journalistes, Carina Perelli a indiqué qu'il « était très difficile d'évaluer comment la situation allait évoluer une fois le processus lancé. »

« Si vous prenez en compte que la population d'Iraq a vécu sous un régime de peur, dans une situation marquée par l'incertitude et la violence, pendant laquelle votre instinct premier est de ne pas vous faire remarquer, de ne pas attirer l'attention, le fait que nous ayons reçu 1 878 propositions de candidatures et que nous en aurions certainement reçu plus si nous leur en avions laissé le temps, est un signe extrêmement encourageant », a-t-elle cependant fait remarquer.

« Cela veut dire que les gens veulent avancer et avancer tout au long d'un processus qui est le leur. Ce n'est pas un processus d'occupation, ce n'est pas un processus de l'ONU. C'est un processus iraquien et par conséquent un acte d'auto-détermination. [...] Je serais surprise que cela n'ait pas un effet positif sur la situation », a-t-elle ajouté.

Mme Perelli a ajouté que le groupe chargé des entretiens commencera à rencontrer les candidats dès la semaine prochaine et qu'à partir de là, sera établie une liste réduite de 20 candidats pour les sept postes de commissaires et de cinq candidats pour le poste de directeur général des élections.

Interrogée sur le fait de savoir si le processus électoral sera équitable, Carina Perelli a répondu que « l'ONU ne croyait pas aux élections Mickey Mouse. »

« Le processus doit être authentique et crédible », a-t-elle affirmée.

« Cela sera aussi un processus difficile comme c'est le cas pour toutes les premières élections mais nous allons faire de notre mieux pour transférer notre savoir, nos techniques, tous les trucs que nous avons appris au cours d'une très longue vie professionnelle, de telle sorte que nous doterons l'Iraq d'une Commission qui puisse précisément organiser des élections authentiques à intervalles réguliers », a-t-elle ajouté.

Abordant la question des nominations, « aussi longtemps que vous êtes sous occupation [...] les autorités habilitées à signer des documents légaux sont l'administrateur de l'Autorité provisoire de la coalition en consultation avec le Conseil de gouvernement », a fait remarquer Carina Perelli.

Elle a cependant affirmé que le Conseil de gouvernement n'aurait pas la possibilité d'ajouter des noms à la liste, qu'il pourrait seulement les hiérarchiser et que M. Bremer leur assignerait à son tour un ordre de nomination mais ne pourrait pas non plus interférer avec les noms qui lui sont fournis.

 

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