Timor-Leste : la prorogation pendant un an d'une mini-Mission de l'ONU présentée au Conseil de sécurité

Timor-Leste : la prorogation pendant un an d'une mini-Mission de l'ONU présentée au Conseil de sécurité

Kamalesh Sharma, Chef de la Mission de l'ONU au Timor Leste
Les propositions du Secrétaire général portant sur le maintien d'une force réduite de la Mission de l'ONU au Timor-Leste, qui serait composée de 310 militaires et de 125 gendarmes pendant une phase de consolidation d'une durée d'un an, ont été présentées ce matin au Conseil de sécurité par son Représentant spécial.

Au cours de son intervention devant le Conseil de sécurité ce matin le Représentant spécial du Secrétaire général a argué du fait que, bien que l'on ait souvent présenté l'engagement de l'ONU au Timor oriental devenu Timor-Leste, via ses différentes missions, comme un succès, lui-même préférait parler de « résultats encourageants ».

« Nous savons d'expérience, au vu de ce qui s'est passé pendant la dernière moitié du siècle, que pour qu'un succès soit réellement enraciné et durable, les efforts inlassables, la foi dans les valeurs les plus hautes de la démocratie et de la gouvernance participative doivent se manifester sur une longue période, a fait observer le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Timor-Leste, Kamalesh Sharma,

ajoutant que « trop souvent ce qui est apparu à un moment donné comme un succès avait mal tourné » et que « l'on ne pouvait juger d'un succès que rétrospectivement. »

Le Représentant spécial, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur les activités de la Mission d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO) depuis février dernier, a indiqué que transfert de la responsabilité du maintien de l'ordre à la police nationale du Timor-Leste s'effectuera sans aucun problème, « dès la première minute, passé minuit, le 19 mai », les forces de police timoraises assumant déjà cette responsabilité dans les 13 districts du pays.

Il a indiqué toutefois que des informations – non confirmées – sur la présence d'éléments criminels « à l'intérieur et à l'extérieur du Timor-Leste » continuaient de circuler mais que la volonté manifestée par l'Indonésie de contrôler ces éléments « était encourageante. »

De la même façon, il s'est déclaré confiant quant au règlement des deux questions pendantes : la démarcation de la frontière et le problème des réfugiés qui se trouvent au Timor occidental.

Dans les deux cas, a-t-il souligné « j'ai bénéficié d'un accès aux dirigeants indonésiens et d'encouragements de leur part que je souhaite mentionner. »

Un domaine dans lequel le pays a particulièrement besoin de partenaires bilatéraux et multilatéraux est celui de la justice. « Le recrutement de juges internationaux qui viendraient combler les lacunes devrait faire l'objet d'une attention prioritaire », a indiqué M. Sharma qui a ajouté qu'il ne s'agissait pas seulement « d'une priorité pour l'immédiat mais d'une indispensable stratégie à long terme. »

Le Représentant spécial a enfin fait le point sur la réduction de la MANUTO qui a considérablement progressé, a-t-il indiqué, depuis son dernier rapport et qui en est au stade préalable à la prise en charge par la mission de plus petite taille qu'il est proposé au Conseil d'endosser.

Dans son rapport, le Secrétaire général estime que l'évolution de la situation observée dans le pays, au cours de la période considérée, le conforte dans l'idée que, durant la phase de consolidation, la MANUTO devrait continuer de jouer un rôle en matière de sécurité afin d'aider le Timor-Leste à assurer la sécurité et la stabilité après le transfert des responsabilités le 20 mai 2004.

Il propose que le maintien de la sécurité dans la région frontalière soit assuré, après cette date, grâce au déploiement, par l'intermédiaire de la MANUTO, de 42 officiers de liaison, qui seraient établis presque en totalité dans la zone de la Ligne de coordination tactique. Ces officiers de liaison faciliteraient les contacts entre les forces indonésiennes et les forces timoraises, appuieraient les efforts de démarcation et suivraient l'évolution de la situation sur le plan de la sécurité.

Durant la phase de consolidation, la MANUTO conserverait une force de sécurité comportant deux éléments dont l'un composé d'environ 310 militaires, soit une compagnie d'infanterie avec des moyens aériens et d'autres éléments d'appui et le deuxième d'un groupe d'intervention international de 125 gendarmes.