Le criquet pèlerin en Afrique du Nord-Ouest, la plus sérieuse menace depuis 10 ans, alerte la FAO

27 avril 2004

En dépit d'intenses efforts de lutte, la menace que fait peser le criquet pèlerin sur l'Afrique de l'Ouest et du Nord-Ouest reste "très sérieuse", alerte l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture qui signale que 17 millions de dollars font défaut pour enrayer l'infestation.

« Pontes, éclosions et formation de bandes sont en cours sur de vastes zones de l'aire de reproduction printanière au sud des monts Atlas, au Maroc et en Algérie », signale Keith Cressman, en charge de l'information acridienne à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). « C'est la plus sérieuse situation acridienne dans la région depuis 10 ans », ajoute-t-il.

Les exportations d'agrumes du Maroc vers l'Europe et l'Amérique du Nord - d'une valeur estimée à 400 millions de dollars - pourraient être affectées au cours des prochains mois selon le communiqué de la FAO diffusé aujourd'hui, qui précise que d'importantes populations acridiennes ont été enregistrées dans le nord de la Mauritanie et au Niger.

« Il est très difficile de trouver et de traiter toutes les infestations de criquet pèlerin car beaucoup d'entre elles sont disséminées dans des zones éloignées ce qui est encore aggravé par la faiblesse des moyens disponibles en Mauritanie et au Niger et le tarissement rapide des fonds dans les autres pays », selon M. Cressman.

Jusqu'en avril, près de 200 000 hectares d'infestations acridiennes ont été traitées au Maroc. En Algérie, des opérations de lutte sont en cours contre des essaims en ponte dans une vaste zone du pays allant de ses frontières avec le Maroc à l'ouest, à la Tunisie à l'est.

Début avril, des essaims se sont déplacés du Maroc, en passant par l'Algérie, vers l'ouest de la Libye où environ 3 700 hectares ont été traités. Selon la FAO, des infestations de même type doivent être présentes dans le sud de la Tunisie.

En Mauritanie, où de nouveaux essaims qui se sont formés dans le nord ont fait des dégâts dans les palmiers-dattiers ainsi que dans les cultures de sorgho et d'avoine, les opérations de lutte sont entravées par les ressources limitées. 10 800 hectares seulement ont été traités ce mois-ci.

La situation est maintenant moins préoccupante dans le nord du Soudan et sur la côte de la mer Rouge, en Arabie Saoudite, après les opérations de lutte extensive réalisées de décembre à mars et le traitement de quelque 200 000 hectares infestés.

Plus de 17 millions de dollars ont été consacrés depuis octobre 2003 au traitement de près de 1,4 million d'hectares. La plupart de ces financements proviennent des budgets nationaux des pays affectés. Dans le cadre de ses activités, la FAO a exécuté un projet d'urgence en Mauritanie et au Maroc pour une valeur de 800 000 dollars. Le directeur général de l'agence, M. Jacques Diouf, a récemment décidé d'augmenter de plus du double la contribution de la FAO pour offrir une assistance supplémentaire à l'Algérie, au Mali, au Niger, au Soudan et au Tchad.

Les bailleurs de fonds, notamment l'Espagne, les Etats-Unis, l'Italie, la Norvège et la Commission européenne ont contribué jusqu'à présent à concurrence de plus de 5 millions de dollars tandis que le Maroc et l'Algérie apportaient leur assistance au Mali, à la Mauritanie et au Niger sous forme de pesticides, véhicules, équipement et experts et que l'Arabie Saoudite a fourni un appui consistant au Soudan.

Cependant, 17 millions de dollars supplémentaires sont nécessaires pour poursuivre la campagne antiacridienne actuelle durant le printemps et l'étendre aux aires de reproduction du Sahel, en Afrique de l'Ouest durant l'été, précise la FAO, qui rappelle que la dernière invasion du criquet pèlerin, en 1987-1989, a duré plusieurs années et a coûté plus de 300 millions de dollars avant d'être stoppée.

Une telle recrudescence acridienne ne peut être enrayée qu'en utilisant des pesticides. Toutefois, la FAO met en oeuvre les meilleures pratiques agricoles pour réduire les risques sur la santé humaine et l'environnement et encourage l'utilisation de méthodes de lutte biologique, plus respectueuses de l'environnement.

 

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