Des Congolais expulsés d'Angola en R.D. du Congo au rythme de 2 500 personnes par jour

Des Congolais expulsés d'Angola en R.D. du Congo au rythme de 2 500 personnes par jour

Depuis décembre 2003, le Gouvernement d'Angola a entrepris d'expulser de son territoire, les citoyens congolais travaillant illégalement dans les mines de diamants ainsi que leurs familles. De décembre à janvier, 20 000 Congolais environ ont regagné les provinces reculées de Bandundu dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC) et du Kasaï à l'Ouest.

La situation a empiré au point de devenir une crise humanitaire encore aggravée par le fait que ces personnes sont renvoyées dans « des zones reculées, où la nourriture, l'eau et l'hébergement font défaut et qui sont d'un accès difficile », indique le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, dans un communiqué publié aujourd'hui par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Le rythme quotidien des arrivées est estimé à plus de 2 500 personnes, indique OCHA qui pense que ce chiffre est en réalité bien supérieur dans la mesure où tous les arrivants ne passent pas par les points d'enregistrement.

Les partenaires humanitaires de l'ONU et le ministère de la Solidarité et des Affaires humanitaires estiment qu'au total 80 000 à 100 000 Congolais ont été expulsés ou sont sur le point de l'être. Depuis le 2 avril dernier, au moins 40 000 personnes expulsées d'Angola ont été enregistrées dans les provinces de Bandundu et du Kasaï, après qu'elles aient traversé la rivière Tungila qui sépare les deux pays. Des noyades ont été signalées lors de la traversée de cette rivière réputée dangereuse.

« Les informations fournies au personnel de l'ONU de la part des Congolais qui sont revenus, font que nous sommes très inquiets des risques encourus par les expulsés », a indiqué Jan Egeland.

OCHA fait également part de ses préoccupations dans les domaines des droits de l'homme et de la santé, indiquant que la plupart des personnes ayant travaillé dans le secteur informel de l'exploitation minière des diamants, les mineurs mais aussi leur famille, y compris les enfants, ont été soumis à des fouilles corporelles poussées dans des conditions qui, selon les informations recueillies, ont conduit à des traumatismes psychologiques et physiques importants, allant même jusqu'à provoquer des décès.

Le Bureau a conduit une mission inter-agences qui vient de s'achever et qui lui a permis ainsi qu'à ses partenaires, le ministère de la Solidarité et des Affaires humanitaires, le ministère de l'Intérieur, l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'enfance), le HCR (Haut Commissariat pour les réfugiés), l'agence humanitaire européenne ECHO et les services de secours catholiques de mettre en évidence un besoin urgent de bateaux gonflables, de nourriture, de fourniture d'eau potable et d'hébergement.

Jusqu'à présent, les agences humanitaires de l'ONU et leurs partenaires ont été en mesure de fournir de la nourriture, des couvertures et des jerricans en quantités suffisantes pour répondre aux besoins de 2 000 personnes, indique le communiqué.

OCHA annonce qu'une seconde mission d'évaluation est prévues dans la province du Kasaï où 18 000 personnes environ ont été enregistrées. Son Bureau en Angola va également entrer en contact avec le Gouvernement pour discuter avec lui de la nature des retours tandis qu'il travaille à l'envoi d'une équipe dans la région de Lunda, dans le Nord du pays, d'où s'effectuent les expulsions.