La Tribunal de l'ONU conclut au génocide à Srebrenica et condamne un commandant serbe à 35 ans de prison

19 avril 2004

Les forces serbes de Bosnie ont commis un génocide contre les Musulmans de Bosnie, a conclu aujourd'hui la Chambre d'appel du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui a condamné Radislav Krstic, le commandant du corps de la Drina, à 35 ans de prison.

« …les forces serbes de Bosnie ont commis un génocide contre les Musulmans de Bosnie. (…) Ceux qui conçoivent et commettent le génocide cherchent à priver l'humanité des innombrables richesses qu'offrent ses nationalités, races, ethnies et religions. Il s'agit d'un crime contre le genre humain dans son intégralité, qui touche non seulement le groupe dont on cherche la destruction mais aussi l'humanité toute entière », stipule l'arrêt rendu aujourd'hui par la Chambre d'appel du TPIY.

La Chambre a également jugé que « …Radislav Krstic savait qu'en permettant l'utilisation des moyens du Corps de la Drina, il contribuait grandement à l'exécution des prisonniers musulmans de Bosnie », indique un communiqué de presse du tribunal publié aujourd'hui.

« Bien que les éléments de preuve présentés laissent à penser que Radislav Krstic n'était pas partisan de ce plan, en sa qualité de commandant du corps de la Drina, il a permis à l'état-major principal de faire usage des moyens du Corps », poursuit l'arrêt de la Chambre d'appel, qui a condamné à l'unanimité Radislav Krstic à une peine de 35 années d'emprisonnement.

L'arrêt rappelle que la ville de Srebrenica qui se trouve en Bosnie-Herzégovine orientale, a donné son nom à une « zone de sécurité » de l'ONU, une « enclave créée pour mettre la population civile de la ville à l'abri de la guerre qui faisait rage alentour ».

« Cependant, depuis juillet 1995, le nom de Srebrenica est aussi associé aux atrocités qui constituent la toile de fond de la présente affaire. La perversion, la brutalité et la cruauté dont l'Armée des Serbes de Bosnie (la « VRS ») a fait preuve envers les habitants innocents de la zone de sécurité sont désormais bien connues et bien établies. Les femmes, les enfants et les personnes âgées musulmans de Bosnie ont été chassés de l'enclave, et sept à huit mille hommes musulmans de Bosnie ont été tués de manière systématique », indique-t-il.

Au moment des faits, Srebrenica se situait dans la zone de responsabilité du Corps de la Drina de la VRS et Radislav Krstic était général de division dans la VRS et commandant du Corps de la Drina. Toutefois le TPIY a jugé en appel que la Chambre de première instance n'avait, « à l'évidence », pas suffisamment démontré que Radislav Krstic était animé par une intention génocidaire et qu'il n'était donc pas coupable de génocide en tant qu'auteur principal.

Prenant en compte quatre autres circonstances atténuantes, elle a par conséquent procédé à une révision de la peine la ramenant de 46 ans à 35 ans d'emprisonnement.

 

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