De bonnes récoltes en Afrique subsaharienne mais les besoins en aide alimentaires restent élevés, selon la FAO

8 avril 2004

Bien que les disponibilités alimentaires soient en amélioration en Afrique sub-saharienne, les sécheresses, les catastrophes naturelles et les conflits font que des millions de personnes ont toujours besoin d'aide alimentaire, indique le rapport Afrique de la FAO, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture.

Le Rapport Afrique est publié par le Système mondial d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation et l'agriculture (Smiar) de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), fruit de missions d'évaluation des récoltes menées conjointement par la FAO et le PAM et publié trois fois par an, fait état des perspectives de récolte et des disponibilités alimentaires par région et par pays en Afrique sub-saharienne.

Selon le rapport, les besoins en importations céréalières de l'Afrique sub-saharienne en 2004 demeurent élevés mais devraient se situer au-dessous des niveaux de l'année dernière. Dans l'ensemble, 24 pays de la région sont confrontés à des situations d'urgence alimentaire, indique un communiqué de la FAO publié hier.

En Afrique de l'Est, la production alimentaire s'est généralement améliorée par rapport à l'année dernière du fait principalement de bonnes récoltes en Ethiopie et au Soudan. Cependant, la situation alimentaire n'est toujours pas brillante dans certaines parties de la Somalie, en Erythrée, en Tanzanie et dans les régions pastorales du Kenya.

En Somalie, sur quelque 123 000 personnes confrontées à des pénuries alimentaires, 95 000 sont en situation qualifiée de "critique" du fait de sécheresses consécutives. La deuxième récolte céréalière (101 000 tonnes) est très inférieure à celle de l'année précédente.

En Erythrée, près de 1,9 million de personnes ont actuellement besoin d'aide alimentaire. Une situation inquiétante, car les promesses d'assistance ne sont pas nombreuses et les stocks d'aide alimentaire sont épuisés. De ce fait, les rations alimentaires ont été réduites, tout comme le nombre de personnes éligibles à l'aide alimentaire.

Malgré une récolte record en Ethiopie l'année dernière, quelque 7 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire. En outre, 2,2 millions de personnes pourraient, si rien n'est fait, rejoindre les rangs des affamés. Les besoins en aide alimentaire d'urgence pour 2004 sont estimés à 100 000 tonnes. Les quantités de maïs, blé et sorgho disponibles localement pour des opérations humanitaires se situent entre 300 000 et 350 000 tonnes.

Au Kenya, où les 360 000 tonnes de la récolte de céréales secondaires, soit 15% de la production annuelle totale, un rendement légèrement inférieur à la moyenne, est rentrée, près d'un million de personnes ont besoin d'aide alimentaire. En Tanzanie, de graves pénuries alimentaires sont signalées dans plusieurs régions alors que les troubles civils dans le nord de l'Ouganda continuent à faire des victimes.

Dans l'ensemble, le Soudan a bénéficié d'une bonne récolte céréalière en 2003/04, supérieure de 63 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes. Toutefois l'escalade du conflit civil au Darfour, à l'ouest du Soudan, s'est traduite par des déplacements massifs de populations et l'accès à la nourriture s'en est trouvé réduit. La poursuite des troubles pourrait également ruiner la prochaine récolte .

Les pluies de février et de mars en Afrique australe devraient optimiser les prévisions, mais les précipitations ont provoqué des inondations et des dégâts aux cultures en Angola, en Zambie, au Botswana, au Zimbabwe et au Mozambique. Au Zimbabwe, l'agriculture est handicapée par la rareté des tracteurs, des pièces détachées et de combustible. Les engrais, bien que disponibles, sont hors de prix. L'inflation annuelle dépasse 600%, limitant l'accès à la nourriture de quelque 5,5 millions de personnes vulnérables.

Le nombre de personnes vulnérables nécessitant une aide alimentaire a été révisé à la hausse au Zimbabwe, en Angola et au Malawi. La pandémie de sida contribue à l'insécurité alimentaire dans tous les pays d'Afrique australe. Au Lesotho, la situation est précaire du fait de conditions climatiques désastreuses. Le Gouvernement a déclaré l'état d'urgence. Même situation au Swaziland où l'absence de pluie a été durement ressentie.

Madagascar a souffert à trois reprises depuis janvier dernier des effets de cyclones. Plus de 300 000 hectares cultivés, notamment plantés de vanille et de riz, ont été endommagés et quelque 774 000 personnes ont été affectées.

En Afrique de l'Ouest, la situation des approvisionnements alimentaires pour 2004 devrait être bonne, des récoltes abondantes ayant été engrangées dans les pays sahéliens et des récoltes satisfaisantes ayant été enregistrées dans la plupart des autres pays. Les marchés sont bien approvisionnés et les prix sont en légère baisse. Toutefois en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone les personnes déplacées et les réfugiés ont toujours besoin d'aide alimentaire et le criquet pèlerin fait peser sur la région un risque sérieux.

Les 24 pays en situation d'urgence alimentaire sont l'Angola, le Burundi, le Cap-Vert, la République du Congo, la Côte d'Ivoire, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Guinée, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, Madagascar, la Mauritanie, le Malawi, le Mozambique, l'Ouganda, la République Centre Afrique, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Swaziland, la Tanzanie et le Zimbabwe.

 

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