Les enfants survivants du génocide rwandais continuent à en subir les effets, indique l'UNICEF

7 avril 2004

Dix ans après le génocide, les enfants rwandais continuent à se débattre contre les effets des atrocités et le Rwanda est l'un des pays dans le monde où le taux de ménages dirigés par un enfant est le plus élevé, indique l'UNICEF, l'agence de l'ONU pour l'enfance.

"Dix ans après, les enfants rwandais supportent encore les conséquences d'un conflit causé exclusivement par les adultes," a déclaré Carol Bellamy, directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). "Pour eux, le génocide n'est pas un simple évènement historique, mais un élément de leur vie quotidienne d'aujourd'hui et de demain auquel on ne peut échapper."

Lorsque le génocide a pris fin, en 1994, il avait rendu 95.000 enfants orphelins, indique un communiqué publié par l'UNICEF.

"Les enfants du Rwanda ont été les témoins de violences innommables," a dit Mme Bellamy. "Des dizaines de milliers d'entre eux ont perdu leurs parents. Des milliers ont été l'objet de terribles sévices et de viols. Un bon nombre ont été obligés de commettre des atrocités. On ne saurait assez insister sur l'incidence de cette tragédie."

Aujourd'hui, les enfants rwandais sont confrontés à des défis énormes au nombre desquels la prévalence du sida. En 2001, on estimait que 264.000 enfants avaient perdu leurs deux parents ou l'un d'entre eux en raison du SIDA, soit 43 pour cent du nombre total d'orphelins. On prévoit que ce nombre devrait dépasser 350.000 d'ici 2010, indique l'UNICEF qui précise que 2000 femmes, dont un bon nombre a survécu à un viol, se sont avérées porteuses du VIH au cours des cinq années qui ont suivi le génocide de 1994. Une bonne partie d'entre elles n'avaient pas d'activité sexuelle avant le génocide.

Plus de 400.000 enfants ne vont pas en classe. Et le Rwanda connait l'un des taux de mortalité infantile les plus élevés du monde avec un enfant sur cinq qui meurt avant d'atteindre son cinquième anniversaire.

Pour Mme Bellamy, il importe de marquer cet anniversaire en se préoccupant encore davantage de ceux qui souffrent toujours du génocide. "Nous sommes tous encore tenus d'aider à la réconciliation et à la cicatrisation des plaies, et à veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais," a déclaré Mme Bellamy. "'Plus jamais' signifie considérer comme responsables les auteurs et rendre leur dignité aux victimes en rappelant ou en soulageant leurs souffrances."

 

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