Demain 7 avril, une journée pour se souvenir et l'annonce d'un dispositif de prévention des génocides

Demain 7 avril, une journée pour se souvenir et l'annonce d'un dispositif de prévention des génocides

Camp de réfugiés rwandais en Tanzanie
Pour la première fois cette année, une minute de silence sera observée aux Nations Unies demain à midi, comme tous les 7 avril à venir en souvenir des victimes du Rwanda. Et aussi pour la première fois, cette minute de silence sera observée un peu partout dans le monde à l'invitation du Secrétaire général qui annoncera, devant la Commission des droits de l'homme à Genève, un plan de prévention contre le génocide.

Pour la première fois cette année, une minute de silence sera observée aux Nations Unies demain à midi, comme tous les 7 avril à venir en souvenir des victimes du Rwanda. Et aussi pour la première fois, cette minute de silence sera observée un peu partout dans le monde à l'invitation du Secrétaire général qui annoncera devant la Commission des droits de l'homme à Genève, un plan de prévention contre le génocide.

Il y a dix ans, un 7 avril, a commencé ce que l'on a appelé ensuite le génocide du Rwanda. Des centaines de milliers d'hommes, femmes et enfants ont été massacrés en l'espace de quelques semaines. Le 23 février dernier, l'Assemblée générale décidait de faire du 7 avril une Journée internationale de réflexion sur le génocide rwandais.

Dans un message prononcé le 26 mars au Siège des Nations Unies à New York à l'occasion de la Conférence de commémoration du génocide rwandais organisée par les Gouvernements canadien et rwandais, le Secrétaire général indiquait qu'à la demande du Gouvernement rwandais, il avait à son tour demandé qu'à cette occasion, une minute de silence soit observée partout dans le monde à midi, heure locale.

C'est ainsi qu'à Kigali, Dar-es-Salaam, New York et Genève, mais aussi à Kaboul où, dimanche dernier, le porte-parole de la Mission de l'ONU soulignait que le Rwanda avait beau être loin de l'Afghanistan, des événements s'étaient produits il y a dix ans dont il importait de se souvenir, on se rappellera le génocide du Rwanda. A Kigali, la capitale rwandaise, le Secrétaire général adjoint Ibrahim Gambari représentera les Nations Unies au cours des cérémonies qui y sont prévues.

« Je demande à tous les hommes et à toutes les femmes du monde (...) de tout arrêter, ce jour-là à midi, et de prendre le temps de se souvenir des victimes. Soyons unis à présent, si nous n'avons pu l'être il y a 10 ans », a déclaré le Secrétaire général dans son allocution.

« En une minute, nous ferons passer (...) un message témoignant de nos remords (...) », a-t-il ajouté. « Que les victimes du génocide rwandais reposent en paix. Que notre existence soit pour longtemps marquée par leur sacrifice. Et que cette tragédie nous porte à essayer, ensemble, de nous traiter les uns les autres comme les membres d'une seule et même famille humaine. »

Toutefois pour Kofi Annan, le 26 mars dernier, « la vraie question » restait posée : « croyons-nous que, face à un nouveau Rwanda, nous réagirions à temps et efficacement ? » Et comme il a lui même répondu que nous ne pouvions « absolument pas en être certains », il s'apprête à annoncer, demain, à Genève devant la Commission des droits de l'homme qui tient actuellement sa soixantième session, après avoir observé non pas une mais deux minutes de silence, « les autres mesures qui pourraient être prises.» Au silence qui a jusqu'ici accueilli les génocides doit succéder la clameur, a-t-il affirmé.

Au Siège de l'ONU à New York, un ensemble de manifestations vont ponctuer cette journée. L'Assemblée générale tiendra une réunion commémorant le génocide à 10 heures dans la salle de l'Assemblée générale. A midi, heure de New York, l'Assemblée générale observera une minute de silence en souvenir des victimes du génocide de même que le personnel de l'ONU est convié à se rassembler autour de la fontaine devant le Secrétariat pour eux aussi observer un minute de silence pendant qu'à midi sonnera la Cloche de la paix.

La Cloche de la paix a été offerte à l'ONU le 22 aôut 1958 par les Associations du Japon pour les Nations Unies. Fondue à partir de pièces de monnaie collectées par des enfants dans 60 pays différents, elle est abritée dans une structure typiquement japonaise en bois de cyprès, ressemblant à une châsse shinto. L'inscription suivante en japonais se trouve sur un coté de la Cloche : "Longue vie à une paix mondiale permanente".