Les caractéristiques du Rwanda observées au Soudan, selon des responsables de l'ONU

29 mars 2004

On signale que la population de la région du Darfour -appartenant majoritairement aux communautés ethniques Fur, Masalit, Dajo, Tunjur, Tama et Zaghawas- est victime de violations systématiques des droits de l'homme perpétrées principalement par des milices, alliées du Gouvernement, comme les Djandjawids, les Muraheleen et les Forces populaires de défense, s'inquiètent dans une déclaration commune le Représentant du Secrétaire général sur les personnes déplacées et sept Rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l'homme.

Selon certaines allégations, le Gouvernement encouragerait l'action des milices dans le but de poursuivre une stratégie de déplacement forcé des populations non arabes de la région, indiquent le Représentant spécial et les rapporteurs. Depuis 2003, plus de 100 000 personnes auraient fui vers le Tchad, et pas moins de 750 000 personnes auraient été déplacées à l'intérieur du Soudan, pays détenant déjà le plus grand nombre de personnes déplacées au monde.

La déclaration précise également que, selon des informations récentes, la situation s'est gravement détériorée et un nombre important de personnes auraient été tuées. Les informations reçues rapportent que les milices seraient responsables d'attaques contre les populations réfugiées et déplacées, de viols de femmes et de petites filles, d'enlèvements d'enfants, de douzaines de villages brûlés, de pillages et de destructions de bétail.

De hauts fonctionnaires des Nations Unies, présents dans le pays, décrivent la situation comme ayant « des caractéristiques comparables, sinon l'ampleur, à celles du génocide du Rwanda », note la déclaration.

 

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