L'escalade de la violence dénoncée par la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire

28 mars 2004

La Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, et plus particulièrement son Comité de suivi des accords de Linas-Marcoussis, dénonce l'escalade de la violence qui a suivi les événements du 25 mars et demande instamment une commission d'enquête internationale.

Le Comité qui, au sein de la MINUCI, la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire, est chargé du suivi de l'Accord de Linas-Marcoussis dénonce les violences qui endeuillent la Côte d'Ivoire et remettent gravement en cause le processus de paix et de réconciliation, en dépit des efforts renouvelés de la Communauté internationale pour le faire aboutir, a indiqué dans un communiqué publié hier le porte-parole de la MINUCI, Jean-Victor Nkolo.

Le Comité de suivi dénonce l'escalade de la violence qui a suivi les événements du jeudi 25 mars et s'inquiète des informations faisant état de rafles et d'exactions dans certains quartiers d'Abidjan au cours de la nuit du 25 au 26 mars et de la journée du 26 mars.

Le Comité s'inquiète également des indications selon lesquelles des éléments civils irrégulièrement armés et en uniforme auraient pris part à ces agissements aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité et demande instamment une commission d'enquête internationale afin de faire toute la lumière sur ces évènements, indique également le communiqué.

Le Comité demande avec insistance à toutes les parties ivoiriennes de cesser immédiatement toutes formes de violence et d'éviter toutes provocations qui n'auraient pour conséquence qu'une reprise des affrontements, toutes choses dont elles devront répondre devant la Communauté internationale.

Dans une semaine, soit le 4 avril prochain, la MINUCI et son Comité de suivi doivent être intégrés dans la nouvelle Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), dont le Conseil de sécurité a décidé la création le 27 février dernier.

L'application de l'accord de cessez-le-feu global du 3 mai 2003 et la conduite d'enquêtes sur d'éventuelles violations du cessez-le-feu font partie du mandat attribuée à l'ONUCI par le Conseil. En plus de son personnel civil, l'Opération de l'ONU sera dotée d'une composante militaire de 6 250 militaires, intervenant dans le cadre du chapître VII de la Charte de l'ONU qui autorise le recours à la force si nécessaire.

Cette composante militaire intègrera les troupes de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) mais viendra s'ajouter aux Forces françaises présentes dans le pays et qui sont autorisées par le Conseil à user « de tous les moyens nécessaires » pour soutenir l'ONUCI.

Le Comité de suivi exhorte toutes les parties à la retenue et au calme et lance un appel pressant à tous les signataires de l'Accord de Linas-Marcoussis pour la reprise du dialogue politique et la relance sans délai des activités gouvernementales, indique également le communiqué de la MINUCI.