L'assassinat du Cheik Yassine soulève un tollé au Conseil, seules quelques voix condamnent le terrorisme quel qu'il soit

23 mars 2004

Placés face aux positions diamétralement opposées de l'Observateur de la Palestine qui a affirmé qu'Israël était un Etat hors-la-loi et du représentant d'Israël qui a reproché au Conseil de sécurité de n'avoir jamais condamné les attentats palestiniens, les autres Etats intervenant au cours de cette séance publique du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient, ont pour la plupart condamné l'assassinat du Cheik Yassine et tous déploré l'escalade de la violence, les atteintes au droit international et les espoirs de paix mis à mal.

Placés face aux positions diamétralement opposées de l'Observateur de la Palestine qui affirmait qu'Israël était un Etat hors-la-loi et du représentant d'Israël qui reprochait au Conseil de sécurité de n'avoir jamais condamné les attentats palestiniens, les autres Etats intervenant au cours de cette séance publique du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient, ont pour la plupart condamné l'assassinat du Cheik Yassine et tous déploré l'escalade de la violence, les atteintes au droit international et les espoirs de paix mis à mal.

Le chef d'état-major de l'armée (israélienne) est allé jusqu'à déclarer que le Président Arafat et le chef du Hezbollah pourraient être les prochains sur la liste, a affirmé Nasser Al-Kidwa, l'Observateur de la Palestine, ainsi désigné parce que, faute de représenter un Etat, il n'a pas rang d'ambassadeur. Le premier à s'exprimer au cours de cette séance publique du Conseil de sécurité qui s'est prolongée tard dans la soirée, il n'en a pas moins qualifié Israël d'Etat hors-la-loi et dénoncé sa politique d'incitation au terrorisme.

Face aux condamnations en cascade du Royaume-Uni, de la France et de l'Irlande au nom de l'Union européenne, des Etats arabes, du Chili et de tous ceux qui ont dénoncé, non seulement l'assassinat du cheik Yasmine, « l'un des plus grands symboles de la résistance palestinienne », mais les attentats extrajudiciaires qui constituent à leurs yeux autant de violations du droit international, l'ambassadeur d'Israël a rappelé qu'en trois ans et demi d'attaques terroristes palestiniennes ayant tué des centaines de civils israéliens innocents et blessé des milliers, le Conseil de sécurité n'a pas condamné une seule fois ces attaques.

Aujourd'hui, le Conseil se réunit pour s'indigner de la mort du parrain du terrorisme palestinien. « C'est un scandale et une hypocrisie », s'est indigné M. Gillerman.

Quelques pays ont adopté la position défendue à la fois par Israël et les Etats-Unis et ont condamné tous les attentats terroristes quelle qu'en soit la cause.

Quant à l'ambassadeur des Etats-Unis, tout en estimant que l'assassinat du Cheikh Yassine aggravait la situation sur le terrain et constituait un revers dans le processus de paix, il a demandé que l'on ne perde pas de vue qu'il s'agissait du chef d'une organisation terroriste.

Les Etats-Unis ne soutiendront aucun texte, aucune mesure qui ne tiendrait pas compte de cette réalité, a-t-il assuré, rappelant que le Cheikh Yassine était fermement opposé à la vision définie par la Feuille de route de deux États, Israël et la Palestine coexistant en bonne intelligence.

Le Conseil, qui s'était réuni aujourd'hui en fin de matinée pour des consultations à huis clos sur cette question, n'avait pu parvenir à un consensus sur le texte d'une déclaration et avait alors décidé de se convoquer une séance publique, le même jour, en fin d'après-midi.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.