Kosovo : le chef de la Mission de l'ONU appelle à un examen de conscience collectif

23 mars 2004

« Je ne m'y attendais pas », a admis le Représentant spécial de l'ONU dans la lettre personnelle qu'il a adressée aujourd'hui au peuple du Kosovo « mais nous devons faire l'inventaire tous ensemble » et « par-dessus tout, trouver le moyen de faire vivre ensemble toutes les communautés ».

Alors qu'aujourd'hui marquait le cinquième anniversaire de la campagne aérienne menée par les Forces de l'OTAN en 1999, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission de l'ONU du Kosovo s'est adressé personnellement à la population du Kosovo pour affirmer une nouvelle fois que « la violence devait être condamnée. »

« Nous sommes désespérés à la pensée des enfants morts à Cabra », a déclaré Harri Holkeri, ajoutant que « le meurtre d'innocents, quels qu'ils soient, était horrible et cruel. »

Le Représentant spécial a réaffirmé que « le traitement de cette tragédie bien réelle par les médias avait contribué à la violence perpétrée par des criminels » et que « les attaques à motivation ethnique menée contre les Serbes et d'autres communautés étaient une honte et nous portaient tort à tous. »

« Je vous en prie, aidez la police à identifier et arrêter ceux qui ont mené ces attaques », a réclamé M. Holkeri. « Ce ne sont pas les héros du Kosovo mais ceux qui ont fait reculer l'espoir d'un règlement proche du statut du Kosovo. »

« Je sais que beaucoup d'entre vous regrettent ce qui s'est passé et j'applaudis les dirigeants qui se sont levés pour condamner la violence et renvoyer les manifestants comme le Premier Ministre et d'autres l'ont fait à Caglavica », a-t-il ajouté.

Harri Holkeri a encouragé à la réflexion, y compris de la part de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), sur ce qui aurait pu être fait pour empêcher la violence et les troubles.

« Je comprends la frustration que peut susciter la lenteur des progrès au Kosovo. L'ONU a fait des erreurs et nous devons chercher à mieux faire », a reconnu le Représentant spécial.

Il a toutefois affirmé que «la MINUK et la KFOR ne pouvaient être les seuls à blâmer.» « Chaque Kosovar devrait se demander ce qu'il aurait pu faire et ce qu'il doit faire pour que ces terribles événements ne se reproduisent pas. »

« J'espère que ce jour est celui d'un nouveau départ pour le Kosovo. Nos objectifs demeurent. Nous devons améliorer la vie de tous les habitants du Kosovo », a-t-il déclaré. « Mais par-dessus tout, nous devons trouver les moyens de faire vivre et travailler toutes les communautés ensemble. Ce n'était déjà pas facile ; c'est devenu beaucoup plus difficile mais je suis convaincu, quand je parle à l'Albanais ou au Serbe de la rue et à d'autres communautés, que c'est faisable. »

M. Holkeri a rencontré aujourd'hui à Gracanica le chef de l'église orthodoxe serbe du Kosovo, l'évêque Artemije et lui a indiqué qu'il allait demander son aide à la communauté internationale pour reconstruire les églises détruites. L'évêque a expliqué ce qui de son point de vue s'était produit au cours des cinq dernières années qui avait amené aux événements de la semaine dernière. Il a demandé que désormais les sites religieux soient mieux protégés.

Le Représentant spécial s'était auparavant rendu à Obilic où il avait rencontré le Président de l'Assemblée municipale, Ismet Hashani. A l'issue de l'entretien, il a indiqué avoir encouragé les autorités locales à reconstruire ce qui avait été détruit pendant les émeutes. Alors qu'il se rendait sur les lieux d'une église incendiée, M. Holkeri a affirmé que la communauté internationale soutiendrait les Serbes du Kosovo.

Pendant ce temps, son adjoint, Charles Brayshaw se rendait également sur différents sites endommagés pendant les attaques, à Prizren, au monastère Sveti Archangel, à l'église Sveti Djordje et au séminaire Bogoslovje. Il a rendu également visite aux victimes de la violence qui ont trouvé refuge dans la base de la KFOR à Prizren.

Il a exprimé l'écoeurement et la tristesse que lui inspirait ce qui s'était passé et a insisté sur ce qui devenait la tâche prioritaire : réparer les dégâts physiques et psychologiques causés par les émeutes.

 

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