Kofi Annan propose de créer la MINUB, la Mission des Nations Unies au Burundi

19 mars 2004

À long terme, la stabilité de la région des Grands Lacs passe par une paix durable au Burundi, indique le Secrétaire général de l'ONU qui, dans son dernier rapport, propose la création d'une Mission de maintien de la paix de l'ONU dans ce pays.

Si le Conseil de sécurité suit le Secrétaire général sur ce terrain, l'effectif minimal de la nouvelle mission de l'ONU se composerait de quelque 5 650 hommes, dont cinq bataillons d'infanterie, 200 observateurs militaires et 125 officiers d'état-major, un effectif jugé suffisant compte tenu de la taille du pays.

Les éléments précurseurs nécessaires comprendraient une unité de transport de l'aviation, dotée d'une capacité d'emport d'une compagnie, d'un élément de transport, d'unités du génie, d'une unité maritime, d'une unité médicale de niveau II et d'une autre unité de niveau III, d'une unité de police militaire et d'un détachement de forces spéciales.

La force de la mission aurait la structure d'une brigade, avec son quartier général à Bujumbura et des bataillons dans quatre zones d'opérations, à savoir Bubanza, Gitega, Makamba et Cibitoke. La mission échangerait des officiers de liaison avec la MONUC, les deux missions mettant en commun les renseignements militaires qu'elles possèdent, en particulier sur les mouvements transfrontières d'éléments armés et le trafic d'armes.

En raison de la situation en matière de sécurité sur le terrain, où un seul groupe armé, le FNL d'Agathon Rwasa, ne participe pas au processus de réconciliation et où des combats intermittents se poursuivent, il est recommandé que le déploiement d'une force de maintien de la paix des Nations Unies obéisse à de fermes règles d'engagement, indique Kofi Annan.

Le rapport évoque également la création d'une force « transhorizon » jugée indispensable au sujet duquel le Secrétariat se mettra directement en rapport avec les États Membres pour en établir les paramètres.

Le rapport rappelle que l'Accord d'Arusha prévoit la création d'un observatoire national pour la prévention et l'éradication du génocide, des crimes de guerre et autres crimes contre l'humanité, la mise en place d'une commission d'enquête judiciaire internationale sur le génocide et ces autres crimes qui pourrait notamment recommander l'établissement d'un tribunal pénal international chargé de juger et punir les personnes considérées comme responsables de ces actes par la Commission.

Il prévoit également la création d'une commission nationale pour la vérité et la réconciliation et l'adoption des textes législatifs et réglementaires nécessaires pour lutter contre le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité ainsi que contre les violations des droits de l'homme.

Compte tenu des violations constantes des droits de l'homme, de l'absence de protection des civils et de la persistance du climat d'impunité, il est prévu que la MINUB comporte une composante droits de l'homme chargée notamment de suivre, vérifier et documenter la situation en matière de droits de l'homme dans l'ensemble du pays, d'intervenir auprès des autorités locales et nationales pour assurer la protection des civils et des groupes vulnérables, d'intégrer les droits de l'homme et la protection des civils aux activités globales de la mission.

Le Haut Commissariat aux droits de l'homme, agissant en étroite collaboration avec la MINUB, le Haut Commissariat aiderait notamment à la création d'une commission d'enquête judiciaire internationale et d'une commission nationale vérité et réconciliation. Le soutien à l'observatoire national sur le génocide serait assuré conjointement par le bureau du Haut Commissariat aux droits de l'homme au Burundi et la MINUB.

Le Secrétaire général note les importants progrès accomplis sur le plan politique en vue de mettre un terme aux hostilités et les chances d'instaurer une paix durable dans le paix qui, indique-t-il n'ont jamais semblé si proches.

 

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