Le Kosovo plus calme avec l'arrivée des renforts de troupes, indique la Mission de l'ONU

19 mars 2004

Même si des accrochages sont encore signalés dans certains secteurs du Kosovo, la situation y est plus calme grâce notamment à l'arrivée des renforts de troupes fournies par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, indique la Mission de l'ONU sur place.

La police de l'ONU signale que la violence des derniers jours a entraîné la mort de 28 personnes tandis que 500 à 600 autres étaient blessées dont 55 soldats de la KFOR (la Force internationale de paix du Kosovo), a indiqué aujourd'hui le porte-parole de l'ONU à New York, Fred Eckhardt.

Au cours des deux derniers jours, ce sont également 110 maisons serbes qui ont été brûlées et 16 églises qui ont été détruites, dont six pendant la journée d'hier.

Le porte-parole a précisé que, selon certaines informations, des accrochages avaient encore lieu dans différentes régions du Kosovo ainsi que des pillages et de l'agitation.

Toutefois, dès l'arrivée des renforts américains, britanniques et français, la différence a été sensible et la situation est plus calme qu'au cours des deux jours écoulés, a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission de l'ONU au Kosovo, Harri Holkeri, a contacté les politiciens à la fois au Kosovo et à Belgrade, les exhortant à contribuer à calmer la situation, a précisé Fred Eckhard.

Lors de la réunion d'urgence du Conseil de sécurité, hier, le Ministre des affaires étrangères de la Serbie et Monténégro, Goran Svilanovic, a déclaré que les événements qui s'étaient produits la veille constituaient une véritable opération de nettoyage ethnique à l'égard des Serbes, qui ne représentent plus que 5% de la population de la province selon le ministre, dans la mesure où ils leur envoyaient un message leur disant qu'ils devaient partir. Il a également souligné que cinq ans après leur arrivée, la KFOR et la MINUK n'avaient pas permis d'endiguer cette violence et que c'était un autre des messages qui venait d'être envoyé.

« Nous sommes clairement en présence d'un extrémisme politique », a estimé le Ministre, dans sa déclaration d'hier, appelant le Conseil à adopter une résolution et à définir des lignes directrices politiques. Il a indiqué que son gouvernement restait cependant déterminé à poursuivre le dialogue avec Pristina et qu'il était prêt à mettre en oeuvre ses engagements internationaux.

Quant au ministre albanais, Agim Nesho, il a condamné les actes de violence qu'il a estimés aller à l'encontre de la volonté du peuple du Kosovo d'édifier une société multiethnique où règne la primauté du droit. Il a appelé au calme tous les citoyens du Kosovo et leur a demandé de maintenir leur confiance aux autorités locales légitimes que sont la MINUK et la KFOR. Il a également souligné la tâche admirable accomplie par la communauté internationale dans la province.

Ces tristes événements ne signifient pas la fin du processus ou l'échec de la communauté internationale, a-t-il assuré, tout en réaffirmant le soutien de son gouvernement à la résolution 1244 ayant établi une présence internationale dans la province.

 

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