Kosovo : les élections annoncées pour le 23 octobre lors de la visite du chef des missions de la paix de l'ONU

15 mars 2004

Au terme d'une visite de cinq jours au Kosovo, « probablement plus longue » que la durée habituelle de ses déplacements dans les missions, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU a souligné qu'il s'agissait d'une « période cruciale pour le Kosovo » tandis que l'Envoyé spécial pour la province indiquait que les prochaines élections législatives se tiendraient le 23 octobre.

« Le Kosovo est à l'ordre du jour du Conseil de sécurité et et de la la communauté internationale, a déclaré Jean-Marie Guéhenno, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d'une conférence de presse organisée au terme de ses cinq jours de visite dans la province, indique un communiqué de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, la MUNIK, publié hier.

C'est après que M. Guéhenno ait tiré un premier bilan de sa visite que le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Harri Holkeri, annonçait que les élections auraient lieu le samedi 23 octobre et, que sur les recommandations du Groupe de travail sur les élections, les électeurs auraient à se prononcer sur des listes fermées.

« L'expérience des listes ouvertes lors des élections de 2000 a montré que c'était une source de confusion qui s'était traduit par l'invalidation de nombreux votes. Les listes fermées sont aussi une façon de s'assurer de la participation des femmes à l'Assemblée du Kosovo, aujourd'hui parmi les plus élevées alors qu'en 2000, seulement 8% de femmes avaient été élues avec le système des listes ouvertes », a déclaré M. Holkeri.

Il a par ailleurs démenti les rumeurs selon lesquelles il aurait suggéré à Belgrade vendredi dernier que la privatisation des entreprises publiques devrait être une des nouvelles questions traitées dans le cadre du dialogue en direct Pristina-Belgrade.

« Ce n'est pas vrai. C'est une fabrication. La question n'a jamais été soulevée jusqu'à présent, pendant les discussions que j'ai eues avec le Premier Ministre Kostunica », a-t-il précisé.

Auparavant, le Secrétaire général adjoint, M. Guéhenno, avait fait le bilan des cinq jours passés au Kosovo, indiquant qu'il avait rencontré tous les segments de la société, les dirigeants politiques et religieux et la société civile et qu'il avait visité la compagnie KEK chargée de la production en électricité de la province.

A ce propos, M. Guéhenno avait déclaré après avoir visité un site de production de KEK, qu'on lui avait indiqué qu'il faudrait 40 millions de dollars pour remettre une des usines visitées en état de marche.

« Quarante milliards de dollars, c'est beaucoup d'argent mais aussi beaucoup moins quant on réfléchit qu'il manque chaque mois 7 millions de dollars au budget de la KEK. Cela signifie que l'argent nécessaire aux réparations et à la remise en fonctionnement d'une des unités serait disponible » si la population payait ses factures à l'entreprise, indique un communiqué précédent de la MUNIK.

A Mitrovica, M. Guéhenno a rencontré dans la partie Nord de la ville, des responsables de la Mission de l'ONU et de la KFOR, la force internationale stationnée au Kosovo, puis il a traversé à pied le pont qui sépare la ville et s'est rendu au quartier général régional de la MUNIK où il a rencontré les présidents des six municipalités de la région de Mitrovica.

Lors de la Conférence de presse d'hier, M. Guéhenno a indiqué avoir également été dans des zones de rapatriement et d'avoir visité une station de police de la KPS, la police du Kosovo, avec son personnel au grand complet, ce qu'il a jugé « très impressionnant. »

A propos de sa rencontre à Belgrade du Premier Ministre Kostunica, en compagnie de Harri Holkeri, M. Guéhenno a insisté sur le fait que ce n'était plus Milosevic qui était au pouvoir et qu'il était possible « et en fait nécessaire » d'y établir des contacts. Il a jugé que les réunions récentes des deux Groupes de travail montraient qu'un dialogue constructif pouvait être réellement payant.

Revenant à sa visite au Kosovo où il s'était rendu pour la première fois, il y a quatre ans, il a décrit des « progrès visibles » citant le fait que les Institutions provisoires fonctionnaient et qu'il y a quatre ans, une forte présence et visibilité de la KFOR étaient nécessaires au maintien de la sécurité ce qui n'est plus le cas actuellement.

« Quand on regarde les statistiques de la criminalité, l'amélioration est remarquable. Le progrès est visible dans le processus des retours qui s'amorce, dans les maisons qui ont été reconstruites », a-t-il indiqué.

« Dans le même, temps, on ne peut exprimer en un mot la complexité du Kosovo. Je ne serais pas réaliste si je ne reconnaissais pas tout ce qui reste à faire », a-t-il poursuivi, précisant que plus que les problèmes économiques, il s'agissait de gagner « les c?urs et les esprits. »

« Quelques progrès ont été réalisés mais il est clair que de très grandes divisions demeurent », a souligné M. Guéhenno à ce propos, ajoutant que c'était là tout le sens des Normes (pour le Kosovo) qui, a-t-il « ne sont pas un exercice artificiel mais un objectif en soi, une façon de s'assurer que les c?urs et les esprits étaient en train de changer et que le Kosovo devenait un société durable où prévalait le droit. Pas seulement dans la lettre mais dans l'esprit. »

Il a ajouté que ne pas reconnaître les difficultés qu'il reste à surmonter serait malhonnête mais que les changements qu'il avait observés en quatre ans lui donnaient « beaucoup d'espoir ».

En réponse à une question d'un journaliste se référant à une remarque du Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui avait souhaité que M. Holkeri soit le dernier Représentant spécial pour le Kosovo, M. Guéhenno a indiqué qu'avec près de 20 missions réparties un peu partout dans le monde sous sa supervision, « tout le monde voulait que le Kosovo ait moins besoin de la communauté internationale. »

 

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