Une boite noire en provenance du Rwanda retrouvée à l'ONU

Une boite noire en provenance du Rwanda retrouvée à l'ONU

Fred Eckhard
Les services de contrôle interne de l'ONU sont chargés d'enquêter sur ce qui s'est produit il y a dix ans pour que soit retrouvé hier dans les bureaux de l'ONU à New York un enregistreur de vol, transmis en 1994 par la Mission de l'ONU au Rwanda, et qui pourrait, selon des allégations parues dans la presse, être « la » boite noire - jamais retrouvée - de l'avion dans lequel se trouvaient les Présidents du Rwanda et du Burundi quand il s'est écrasé.

« Je vous ai souvent dit que je ne vous induirais jamais en erreur. Or en ce qui concerne la question de la boite noire, je vous ai bel et bien induit en erreur même si c'était involontaire », a déclaré ce matin le porte-parole de l'ONU à New York, Fred Eckhard.

« Après que le Monde ait publié un article alléguant que la boite noire du Falcon, qui s'est écrasé au Rwanda le 6 avril 1994, tuant les Présidents du Rwanda et du Burundi, se trouvait en possession de l'ONU, j'ai démenti cela ; en fait j'ai tourné l'idée en ridicule », a poursuivi le porte-parole.

Or, a-t-il indiqué, il s'avère que les recherches effectuées dans les documents liés à cette affaire, « nous ont amenés dans les bureaux du Groupe de la sécurité aérienne du Département du maintien de la paix et là dans une armoire de classement, nous avons trouvé une boîte noire.»

M. Eckhard a indiqué qu'en fait, la boite noire qui a été trouvée était en tellement bon état que le Groupe de la sécurité aérienne qui l'a réceptionnée il y a dix ans, a conclu qu'il ne pouvait s'agir de l'enregistreur de vol qui se trouvait dans l'appareil qui s'était écrasé. Après avoir cherché à savoir sans succès d'où provenait l'objet, le Groupe l'a rangé dans cette armoire et n'a pas fait de rapport à son sujet à sa hiérarchie, a également précisé le porte-parole.

La mort des deux Présidents dans cet accident a déclenché une réaction en chaîne de meurtres et de massacres qui s'est traduite par la mort d'au moins 800 000 personnes composées en majorité de Tutsis mais aussi d'une minorité de Hutus modérés, au cours de ce qui a été décrit comme un véritable génocide.

Le Secrétaire général de l'ONU a donné instruction au Bureau des services de contrôle interne de l'ONU de faire la lumière sur cette affaire, a indiqué Fred Eckhard qui a indiqué que la boite noire se trouvait sous clé et serait remise immédiatement à l'instance qualifiée pour analyser son contenu.