Au Canada, Kofi Annan annonce proposer la création d'un poste chargé à l'ONU de la prévention des génocides

Au Canada, Kofi Annan annonce proposer la création d'un poste chargé à l'ONU de la prévention des génocides

Kofi Annan s'exprimant lors du diner de gala
Dix ans après les événements du Rwanda, le Secrétaire général de l'ONU a indiqué, dans son adresse au Parlement du Canada, aujourd'hui, qu'il proposait, la création d'un poste de Conseiller ou de Rapporteur spécial pour la prévention des génocides.

Pour éviter de réaliser « une fois qu'il est trop tard » le lien qui existe entre les violations systématiques et massives des droits de l'homme et les menaces à la paix et à la sécurité internationales, le Secrétaire général de l'ONU a annoncé alors qu'il s'exprimait devant le Parlement du Canada, aujourd'hui, qu'il proposait, dix ans après les atrocités du Rwanda, la création d'un poste de Conseiller ou de Rapporteur spécial pour la prévention des génocides.

Auparavant il avait loué le soutien apporté par ses hôtes à l'action de l'ONU. « Au fil des ans, a-t-il déclaré, le Canada a été un des piliers de l'ONU. Il est réellement difficile d'imaginer les Nations Unies sans le Canada et je peux même dire qu'il est difficile d'imaginer le Canada sans l'ONU ».

Le Secrétaire général a évoqué un monde confronté actuellement à des problèmes anciens mais aussi à ceux qui ont surgi récemment et occupent désormais le devant de la scène.

Il a énuméré la liste de ces nouvelles menaces à la paix et à la sécurité internationales, en tout premier lieu, le terrorisme, mais aussi la prolifération des armes de destruction massive et leur acquisition possible par des groupes terroristes.

«Chaque jour ou presque, l'actualité met en évidence les failles des systèmes collectifs censés enrayer la prolifération et le trafic des matières nucléaires », a-t-il fait observer.

Il a souligné également que la dernière décennie du XXe siècle avait mis en évidence le changement de nature des conflits armés. « Il fut un temps où l'on pensait que, pour faire régner la paix, il suffisait de prévenir les guerres entre les Etats. Or, depuis la fin de la guerre froide, la plupart des conflits éclatent à l'intérieur des Etats », a-t-il noté.

« Notre réaction instinctive est de dire : ' Il faut faire quelque chose '. Mais nous ne savons pas quoi ; nous ne savons pas qui doit intervenir et comment », a poursuivi Kofi Annan. Aux réponses qu'il convient d'apporter à ce qui a été appelé « les menaces dures », s'ajoutent celles que « nous continuons à ne pas satisfaire », la faim, la maladie, les violations massives des droits de l'homme et la dégradation de l'environnement.

« Notre première priorité devrait être de recentrer l'attention du monde sur le développement et de prendre des mesures décisives pour atteindre les grands objectifs que nous nous sommes fixés » a déclaré le Secrétaire général qui a tout spécialement plaidé pour qu'une aide à long terme soit engagée en faveur d'Haïti.

A propos de l'Iraq, il a indiqué que « l'instabilité qui persiste en Iraq et ses répercussions régionales sont extrêmement préoccupantes pour tout le monde », ajoutant que se posait maintenant le problème d'aider les Iraquiens à recouvrer leur souveraineté grâce à un gouvernement pleinement représentatif.

« Nous voyons tous, je crois, à quel point il serait dangereux d'encourager une multiplication des cas où la force est utilisée unilatéralement, au mépris du droit. Mais nous sommes également nombreux à comprendre que, pour l'éviter, nous devons nous attaquer de front aux problèmes qui font que certains Etats se sentent particulièrement vulnérables et montrer que ces problèmes peuvent être, et seront, gérés efficacement grâce à une action collective », a-t-il déclaré.

Kofi Annan, ajoutant que c'était la raison pour laquelle il avait nommé, en novembre dernier, un Groupe de haut niveau chargé d'effectuer « une évaluation rigoureuse des menaces qui pèsent sur nous actuellement et dans les années à venir » a espéré que ce groupe nous aidera à nous dégager « des stéréotypes, notamment de l'idée que le terrorisme et les armes de destruction massive n'inquiètent que 'le Nord', tandis que la pauvreté et la faim ne concernent que 'le Sud'. »

Il a poursuivi en disant espérer aussi que le groupe produirait des recommandations visant à faire de l'ONU un instrument aussi efficace que possible au service de l'action collective contre les menaces anciennes et nouvelles. Toutefois, a-t-il fait observer, « les décisions nécessaires pour rendre l'Organisation plus efficace exigeront une réelle volonté politique parmi les Etats Membres. »