La FAO cherche à faire protéger le droit à la propriété des veuves du sida en Afrique

8 mars 2004

L'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture s'efforce de faire reconnaître les droits de propriété foncière et de tenure des femmes, dans les régions d'Afrique dévastées par le sida.

Pour nombre de femmes des familles victimes du sida, perdre un mari est la première d'une longue série de pertes qu'elles devront affronter.

Elles risquent d'être chassées de leur ferme - qui représente souvent leur unique source de revenus et de sécurité - par leur propre famille et dépouillées de leurs biens, indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié aujourd'hui.

Une récente étude de la FAO a constaté que plus de 40% des veuves avaient été dépossédées de leurs animaux et de leurs outils dont s'étaient emparés des parents après la mort du père de famille.

"Les structures familiales et communautaires s'effondrent avec le VIH/SIDA. Déjà victimes de la pauvreté, de nombreux ménages voient leurs besoins s'aggraver et les biens - comme la terre et les outils - deviennent des ressources fondamentales", affirme Marcella Villarreal, coordonnatrice sida à la FAO.

L'analphabétisme généralisé et le manque d'accès aux systèmes de justice officiels, aux avocats et autres ressources juridiques ne font qu'aggraver la situation, souligne le communiqué de la FAO.

En Namibie et en Ouganda, par exemple, l'agence a donc lancé des actions impliquant les autorités locales et les communautés et visant à protéger les droits des femmes, en veillant à ce que leur soit notamment fourni l'accès à l'information sur leurs droits et les moyens de les défendre.

Mme Villarreal cite en exemple le cas de la Namibie, où le régime foncier et les droits de propriété sont régis par un chevauchement complexe de lois officielles et traditionnelles et où « les femmes veuves du sida et les enfants orphelins sont dépouillés de leurs biens et du droit de posséder et de cultiver la terre », un phénomène qui, selon elle, pourrait se propager.

En Namibie où environ les trois quarts des 1,83 million de Namibiens vivent en milieu rural, et où le sida qui tue 28% de la population chaque année, est la principale cause de décès, la FAO travaille avec le Ministère namibien des affaires féminines et du bien-être des enfants et avec le Centre d'assistance juridique pour sensibiliser davantage les communautés rurales aux droits des femmes et à leur protection légale.

Des volontaires y sont notamment formés pour renseigner les femmes sur la façon de rédiger un testament et sur tout ce qui concerne les droits de succession et les droits des femmes dans les législations pertinentes comme le Married Persons Equality Act.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.