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Le prix à payer du VIH/sida de plus en plus supporté par les femmes, souligne Kofi Annan

Le prix à payer du VIH/sida de plus en plus supporté par les femmes, souligne Kofi Annan

Célébration de la Journée internationale des femmes avec des casques bleus et des dignitaires de ONU devant un drapeau des ONU .
En cette journée internationale de la Femme, une réunion sur les Femmes et le Sida, à laquelle participait notamment la reine Noor de Jordanie, a été l'occasion pour le Secrétaire général d'attirer l'attention sur le renversement de tendance qui fait qu'aujourd'hui les jeunes femmes de moins de 24 ans constituent les 2/3 des personnes vivant avec le VIH/sida et d'appeler à un changement des modalités de lutte.

« Nous sommes réunis pour attirer l'attention sur le prix de plus en plus lourd que l'épidémie du sida fait payer aux femmes », a déclaré ce matin Kofi Annan, ouvrant une réunion sur « Les femmes et le sida » animée par le Secrétaire général adjoint à l'information Shashi Tharoor, à laquelle participaient notamment la reine Noor de Jordanie et, de Genève, par vidéoconférence, le docteur Lee Jong wook, directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Secrétaire général de l'ONU a désigné une tendance « terrifiante » qui a considérablement modifié la répartition de la contamination en fonction du sexe. « Il y dix ans de cela, les statistiques indiquaient que les femmes étaient moins affectées », a-t-il déclaré. « Aujourd'hui en Afrique subsaharienne, plus de la moitié de l'ensemble des adultes vivant avec le VIH/sida sont des femmes, le taux d'infection est beaucoup plus élevé chez les jeunes femmes africaines que chez les jeunes hommes et dans le monde dans son ensemble au moins la moitié des personnes nouvellement infectées sont des femmes. »

« Les filles et les jeunes femmes représentent désormais les 2/3 des moins de 24 ans vivant avec le sida. A ce rythme, les femmes constitueront bientôt la majorité des personnes infectées dans le monde », a ajouté Kofi Annan.

Après avoir souligné les conséquences en chaîne que cette contamination des femmes déclenchait dans la société : fillettes qui quittent l'école, multipliant leurs risques de sombrer dans la pauvreté et d'avoir des enfants infectés, le Secrétaire général a conclu que « la société payait à son tour, et à plusieurs titres, le prix de l'impact du VIH/sida sur les femmes. »

« C'est pourquoi le tout venant des stratégies de prévention comme celles qui professent exclusivement l'abstinence, la fidélité et le recours aux préservatifs, ne sont pas tenables. Là où la violence sexuelle est répandue, s'abstenir ou réclamer l'usage d'un préservatif ne sont pas des options réalistes pour les femmes ou les jeunes filles », a affirmé Kofi Annan.

« Ce dont nous avons besoin c'est d'un changement positif qui confère plus de pouvoir et de confiance aux femmes et aux jeunes filles et transforme les relations entre les hommes et les femmes, des changements qui renforcent la protection des femmes au plan légal et de leurs droits à l'héritage et qui leur donnent accès à des options préventives telles que les microbicides et les préservatifs féminins », a-t-il poursuivi.

Il a expliqué que c'était les raisons pour lesquelles l'ONUSIDA, l'agence de l'ONU spécialisée dans la lutte contre la maladie, a lancé la Coalition mondiale contre le sida, constituée d'hommes et de femmes éminents issus de tous les milieux qui cherchent à améliorer la vie quotidienne des jeunes filles et des femmes et à renforcer leur rôle dans la lutte contre le sida.

« J'espère également que l'Equipe spéciale sur les femmes, les fillettes et le VIH/sida en Afrique du Sud que j'ai demandée à Carol Bellamy (la directrice de l'UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance) de conduire, servira d'inspiration aux Gouvernements des neuf pays les plus affectés et à leurs partenaires », a indiqué Kofi Annan.

« Ce sont parmi ces femmes que se trouvent les véritables héros de cette guerre. Il nous revient de leur apporter la force, les ressources et l'espoir », a-t-il conclu.

La reine Noor de Jordanie a pour sa part fait observer que si, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le sens de la famille et les traditions religieuses prévenaient les comportements à risque, ces mêmes traditions empêchaient la diffusion des informations sur l'état réel de la pandémie.