La FAO réclame des moyens de lutte contre la prolifération du criquet pèlerin

23 février 2004
Criquet pèlerin

La FAO, l'agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation, lance aujourd'hui un appel aux bailleurs de fonds pour qu'ils financent à hauteur de 9 millions de dollars la lutte contre le criquet pèlerin en Mauritanie, au Mali, au Niger et au Tchad, prévenant que la recrudescence de cet acridien, grand prédateur de culture quand il se déplace en nombre, pourrait tourner au fléau.

La situation continue à se détériorer dans l'Ouest et le Nord de la Mauritanie ainsi qu'au Sahara occidental, indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié aujourd'hui.

L'été dernier, des pluies exceptionnelles ont initié un processus reproductif sur de vastes territoires et des pluies encore plus exceptionnelles tombées en octobre 2003 ont permis la succession de suffisamment de générations de criquets pèlerin pour conduire à la formation d'essaims. Ceux qui échapperaient aux opérations de lutte vont probablement, dans les prochaines semaines ou même les prochains jours, se déplacer vers l'Algérie et le Maroc où un nouveau cycle de reproduction pourrait avoir lieu au printemps.

Le même phénomène est également en cours sur la côte de la Mer Rouge, en Arabie Saoudite, où des essaims se forment, indique la FAO. Malgré d'intenses opérations de lutte, on s'attend à ce que certains d'entre eux se déplacent vers l'intérieur et qu'une nouvelle génération apparaisse printemps.

Il est possible que quelques essaims atteignent à ce moment-là les régions voisines de la Jordanie, du sud de l'Iraq et de l'Ouest de l'Iran.

Un criquet pèlerin est un acridien qui modifie son comportement et son apparence en réponse aux conditions écologiques. On le trouve habituellement en phase solitaire à de très faibles densités dans environ 20 pays, de la Mauritanie à l'Inde. Quand les pluies créent des conditions favorables à la reproduction, les criquets peuvent se multiplier rapidement et se concentrer. Ils agissent alors collectivement, forment des bandes larvaires (jeunes encore dépourvus d'ailes) se déplaçant en marchant et en essaims d'ailés.

Les essaims sont très mobiles, volant sur des centaines voire des milliers de kilomètres entre les zones de reproduction estivale, hivernale et printanière. Les dégâts aux cultures dus aux essaims peuvent être dévastateurs.

Sur la somme réclamée par la FAO, 6 millions de dollars iraient aux opérations de lutte en Mauritanie et 3 millions de dollars au Mali, au Niger et au Tchad.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.