Risque accru de déstabilisation régionale faute d'un soutien suffisant à la Côte d'Ivoire, prévient l'ONU

19 février 2004

Faute d'accentuer son soutien à la Côte d'Ivoire, la communauté internationale risque de contribuer à la déstabilisation des pays voisins, conclut un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU à Abidjan, qui rappelle que le pays a été un modèle de stabilité et met l'accent sur les répercussions du conflit en cours dans ce qui fut l'un des tout premiers pôles économiques africains.

Pour consolider les progrès enregistrés au Libéria et en Sierra Leone et éviter de compromettre leur fragile reconstruction, la communauté internationale doit apporter le même appui à la Côte d'Ivoire, indique un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Soulignant le rôle économique régional joué par le passé par la Côte d'Ivoire, le rapport rappelle que le pays a offert des débouchés à de nombreux immigrants de la sous-région. Selon les estimations, la population ivoirienne est composée de 25% au moins d'immigrés ou de descendants d'immigrés provenant des pays voisins.

Dans les années 1990, le pays a offert l'asile à des centaines de milliers de réfugiés libériens. De plus, les pays sans littoral dépendent fortement du port d'Abidjan, deuxième port d'Afrique de l'Ouest, par lequel transitaient, avant la crise actuelle, plus de 70% du commerce extérieur du Mali et environ 80% de celui du Burkina Faso.

Le conflit ivoirien a provoqué la fuite de 342 000 Burkinabè et de 82 000 Maliens, alors que 52 000 Ivoiriens étaient enregistrés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et que 500 000 personnes déplacées trouvaient refuge dans des familles d'accueil, indique également OCHA.

La destruction des services sociaux de base a davantage affaibli la sécurité humaine et a aggravé la pauvreté, souligne le rapport qui indique que la pandémie du VIH/sida a atteint des taux alarmants, en particulier parmi les jeunes femmes.

Les besoins humanitaires des populations touchées par la crise, en particulier les personnes déplacées, sont devenus urgents, insiste le communiqué qui rappelle que l'appel consolidé interinstitutions vise à mobiliser la somme de 69 millions de dollars pour 2004.

Dans les circonstances actuelles, le retour des personnes déplacées dans leur zone d'origine pourrait exacerber les tensions inter et intracommunautaires qui subsistent malgré la fin du conflit. Sans un financement adéquat du désarmement, de la démobilisation et de la réconciliation, la situation pourrait se détériorer davantage.

La Côte d'Ivoire, qui a été un exemple de stabilité dans la région, requiert aujourd'hui que la communauté internationale mobilise des ressources, réponde aux besoins urgents, appuie le processus de paix et contribue à la reconstruction de la société, conclut OCHA.

 

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