L'ONU réclame la création d'un couloir humanitaire en Haïti

L'ONU réclame la création d'un couloir humanitaire en Haïti

Confrontée à une détérioration accélérée de la situation politique en Haïti, ces dernières semaines, l'ONU a lancé aujourd'hui un appel à toutes les parties haïtiennes leur demandant la création d'un couloir humanitaire qui permettrait l'accès de l'aide aux populations vulnérables dans plusieurs départements du pays.

Le Coordonnateur Résident des Nations Unies en Haïti, Adama Guindo, a lancé un appel, « au nom du Secrétaire Général, Kofi Annan » à l'intention des parties haïtiennes pour qu'elles facilitent l'ouverture d'un couloir humanitaire reliant Port-au-Prince et les trois départements de la région Nord via la ville des Gonaïves.

Lors d'une conférence de presse qui avait lieu aujourd'hui à Port-au-Prince, Adama Guindo a également appelé toutes les parties « à respecter les principes humanitaires relatifs à la protection de civils et le caractère inviolable des centres hospitaliers. »

Il a exprimé sa préoccupation à l'égard de la pénurie d'essence dans le Nord, craignant qu'elle n'affecte le fonctionnement des centres hospitaliers et l'approvisionnement en eau potable ainsi que du manque de médicaments de base aux Gonaïves et dans le Nord».

Rappelant l'appel lancé en avril 2003 par le Système des Nations Unies en Haïti, de concert avec ses nombreux partenaires, en vue de la mobilisation de 84 millions de dollars afin de répondre aux besoins urgents des populations et communautés vulnérables en Haïti, il a indiqué que cet appel, qui avait été suivi à environ 40%, visait à faire face à la détérioration accélérée des conditions de vie des couches vulnérables dans le pays.

Cet appel fait écho aux propos de la représentante du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) qui réclamait également, aujourd'hui à Genève, l'accès au Nord du pays pour les équipes humanitaires et tout particulièrement aux trois villes du Nord, Cap Haïtien, Port-de-Paix et Fort Liberté.

« En ce qui concerne les hôpitaux, la plupart de ceux qui fonctionnent actuellement sont des institutions privées actuellement surchargées », a-t-elle ajouté.

Le Coordonnateur résident affirme pour sa part que « la neutralité d'hôpitaux a été violée dans la capitale, Port-au-Prince, et dans plusieurs autres villes du pays tandis que le personnel médical est victime de l'insécurité » et que l'on redoute « que certaines personnes vivant avec le VIH ne soient obligées d'interrompre leur traitement. »

Le représentant du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) indiquait aujourd'hui que la crise politique en Haïti affectait particulièrement les familles et que « les enfants sont de plus en plus affectés par la violence et doivent être protégés. » Il a ajouté que la mission inter-institutions de l'ONU qui s'est rendue dans le pays cette semaine, signale que les enfants sont confrontés à des risques sérieux en ce qui concerne leur santé et leurs conditions physiques et psychologiques. L'UNICEF a déjà identifié 1,2 million d'enfants particulièrement vulnérables.

C'est également l'avis d'Adama Guindo qui indique « qu'à mesure que la violence se répand à travers le pays, il devient de plus en plus difficile pour les enfants, qui figurent déjà parmi les groupes les plus vulnérables de la population, d'avoir accès aux soins de santé, à la nourriture, au logement et à l'éducation », ajoutant que les écoles, à 80% privées, fonctionnent de façon intermittente et sont largement désertées « en raison principalement du climat délétère qui menace même de perturber l'année académique. »

L'équipe de l'ONU dans le pays en appelle de nouveau à la collaboration de la communauté des bailleurs de fonds « dans la perspective d'un plan de contingence en faveur des populations vulnérables d'Haïti », indique un communiqué du bureau du Programme des Nations Unies en Haïti.

Début février, le Secrétaire général de l'ONU et le Haut Commissaire au droit de l'homme par intérim avaient lancé un appel aux Haïtiens pour qu'ils trouvent une solution constitutionnelle à la crise et mettent fin à la violence.