Iraq : « Organiser les élections aussi tôt que possible mais pas plus tôt que possible », indique Lakhdar Brahimi

13 février 2004

Pour Lakhdar Brahimi, le chef de l'équipe de l'ONU envoyée en Iraq, il est clair que les Iraquiens, dont le leader chiite Ali al-Sistani, attachent beaucoup d'importance à la tenue d'élections mais qu'organiser des élections crédibles, est un exercice complexe et long et que le Secrétaire général fera, dans une dizaine de jours, les recommandations qui lui semblent appropriées sur la base des informations fournies par la mission.

Le Conseiller spécial du Secrétaire général s'est également dit convaincu que les recommandations du Secrétaire général seront acceptables par les Iraquiens parce qu'elles seront « constructives et utiles. »

Interrogé par la presse après une entrevue avec le Conseil de gouvernement iraquien ce matin à Bagdad, M. Brahimi a répondu à une question d'un journaliste : « Je ne sais pas ce que vous avez entendu hier mais ce que j'ai dit hier et ce que dis aujourd'hui, c'est que je suis d'accord avec Ali al-Sistani quand il dit que les élections sont la meilleure façon de former un gouvernement», indique un communiqué du porte-parole de l'équipe de l'ONU en Iraq, Ahmad Fawzi.

« Et j'ai ajouté et El-Sayyid Sistani était d'accord avec moi, que ces élections devaient satisfaire aux normes requises. C'est ce que j'ai dit sans en changer un mot »

A propos du leader chiite, Lakhdar Brahimi a indiqué qu'il s'agissait « d'une personnalité qui méritait qu'on le respecte et l'apprécie à sa juste valeur.

« Nous avons parlé deux heures et demi et cela a été une discussion certainement utile pour moi et je pense que cela l'a été également pour lui », a-t-il indiqué, soulignant que l'ayatollah insiste sur le fait qu'il n'est pas un politicien mais une référence religieuse « et je crois que c'est sa position », a ajouté M. Brahimi.

Malgré toute l'importance qu'il attache à la tenue d'élections, l'ayatollah est conscient de la nécessité de « les préparer correctement. »

Et Lakhdar Brahimi a renchéri : « Quand l'homme de la rue en Iraq réclame des élections, il est dans son bon droit mais il doit être conscient du fait que les élections sont une opération complexe et que les bénéfices qu'il escompte en retirer, ne seront acquis que si ces élections sont bien préparées et ont lieu au moment approprié. »

« Il est devenu clair au cours de cette semaine que les élections font partie d'un processus global, qu'elles ne sont pas une procédure indépendante et isolée. En conséquence, ces élections doivent avoir lieu au moment approprié, ni plus tôt ni plus tard », a-t-il insisté.

L'essentiel des questions qui lui ont été posées, ont alors porté sur la possibilité qu'il y ait transfert de souveraineté avant la tenue d'élections ou si au contraire la date du transfert de souveraineté fixée au mois de juin devrait être repoussée. M. Brahimi qui ne croit pas que cette deuxième hypothèse soit envisageable, a indiqué que ce serait au Secrétaire général de faire des propositions et aux Iraquiens de faire leur choix.

 

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