Kofi Annan appelle à mettre fin au cauchemar du Libéria en fournissant les fonds nécessaires à sa reconstruction

6 février 2004

« Nous devons tous saisir cette occasion de mettre fin à un cauchemar qui dure depuis bien trop longtemps et dont l'humanité ne peut qu'avoir honte », a déclaré ce matin le Secrétaire général de l'ONU qui a ouvert la deuxième journée de la Conférence internationale pour la reconstruction du Libéria, en demandant aux participants à la Conférence de fournir les ressources nécessaires à la reconstruction du pays, chiffrées à près de 500 millions de dollars.

« Nous devons tous saisir cette occasion de mettre fin à un cauchemar qui dure depuis bien trop longtemps et dont l'humanité ne peut qu'avoir honte », a déclaré ce matin le Secrétaire général de l'ONU qui a ouvert la deuxième journée de la Conférence internationale pour la reconstruction du Libéria, en demandant aux participants à la Conférence de fournir les ressources nécessaires à la reconstruction du pays, chiffrées à près de 500 millions de dollars.

« Pendant la majeure partie des 14 dernières années, le Libéria a été en proie à un conflit tragique et à une gestion chaotique qui ont entraîné sa ruine », a rappelé ce matin Kofi Annan qui ouvrait cette deuxième journée de la Conférence consacrée à la reconstruction du Libéria.

« Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers chassées de leurs foyers. La majeure partie de l'infrastructure, déjà sommaire, a été détruite. La peur et la méfiance restent très répandues, tout comme le scepticisme quant à la durabilité de la paix », a poursuivi le Secrétaire général.

« Et pourtant, a-t-il ajouté, grâce à la capacité de la population à rebondir, à la volonté des principaux adversaires de rechercher enfin un règlement pacifique de leurs différends et aux bons offices de la communauté internationale, en particulier des dirigeants de la région, le Libéria est aujourd'hui en droit d'espérer. »

Après avoir évoqué l'Accord général de paix signé en août dernier à Accra, la mise en place du Gouvernement de transition et de l'Assemblée législative et le déploiement de plus de 10 000 militaires et civils de la Mission des Nations Unies au Libéria, « une opération solide et polyvalente » autorisée par le Conseil de sécurité, Kofi Annan a souligné que « la Conférence pour la reconstruction du Libéria apportait la preuve qu'en ce moment décisif, la communauté internationale est solidaire de ce pays. »

La toute première préoccupation, a-t-il indiqué, est la sécurité. « Il faut d'urgence consolider le périmètre de sécurité et l'étendre au-delà de la capitale dans les zones rurales », restructurer les forces armées libériennes, démobiliser et réinsérer dans la société « quelque 53 000 anciens combattants, dont des enfants-soldats marqués par leur expérience. »

Enfin, a poursuivi le Secrétaire général, « il faut absolument arrêter l'afflux inquiétant et persistant de mercenaires et d'armes illicites. »

« À cet égard, des organisations sous-régionales comme la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) et l'Union du fleuve Mano peuvent jouer un rôle important », a-t-il ajouté, insistant sur les implications de la crise libérienne pour les pays voisins.

Kofi Annan a évoqué les besoins « criants dans d'autres domaines », qu'il s'agisse des soins de santé ou de l'aide aux institutions publiques.

Il a toutefois fait valoir que « le progrès sera aussi fonction de la mesure dans laquelle les Libériens parviendront à combler le déficit démocratique dont le pays souffre de longue date, en mettant fin à l'impunité, à la mauvaise gouvernance et aux violations massives des droits de l'homme les plus élémentaires et du droit international humanitaire que connaît le pays depuis bien trop longtemps. »

« Enfin, alors que nous sommes réunis aujourd'hui pour obtenir des fonds pour la reconstruction, je me dois de vous rappeler que les récents appels humanitaires en faveur du Libéria sont en grande partie restés sans réponse », a souligné Kofi Annan qui a insisté sur le fait qu'il « sera difficile, sinon impossible, pour les Libériens de commencer à reconstruire leur pays tant que les besoins les plus élémentaires d'un grand nombre de victimes de la guerre ne seront pas satisfaits. »

« C'est avant tout au peuple libérien qu'il incombe de tourner le dos à la violence et de faire avancer le processus de paix », a affirmé le Secrétaire général. « Toutefois, a-t-il ajouté, la communauté internationale continuera d'être un partenaire indispensable. Dans cet esprit, je vous demande de fournir les ressources nécessaires à la reconstruction du Libéria. »

« Je lance également un appel à la CEDEAO et, en particulier aux pays de l'Union du fleuve Mano voisins du Libéria, pour qu'ils continuent à appuyer activement le processus de paix », a poursuivi Kofi Annan.

« Nous devons tous saisir cette occasion de mettre fin à un cauchemar qui dure depuis bien trop longtemps et dont l'humanité ne peut qu'avoir honte », a-t-il conclu.

L'évaluation des besoins de reconstruction effectuée par la Banque mondiale et le Groupe des Nations Unies pour le développement avec la participation du Gouvernement provisoire du Libéria s'élève à 487,7 millions de dollars pour les deux prochaines années, cette somme venant s'inscrire en supplément des 137 millions de dollars de l'appel humanitaire lancé par l'ONU en novembre 2003.

 

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