Grippe aviaire : une réunion d'urgence commence à Rome aujourd'hui

3 février 2004
Grippe aviaire

Alors qu'un nouveau cas mortel confirmé en Thaïlande était signalé hier par l'OMS, l'agence de l'ONU pour la santé, une réunion d'urgence sur la grippe aviaire est organisée à Rome à partir d'aujourd'hui par les agences de l'ONU avec pour objectif d'arrêter des politiques, des stratégies de surveillance et un plan d'action, destinés à protéger la santé animale et la santé humaine dans les pays affectés.

La réunion, organisée conjointement par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Office international des épizooties (OIE), est consacrée à la coordination de la lutte contre la grippe aviaire en Asie.

Des vétérinaires des pays affectés, des représentants des Centres américains de surveillance et des experts internationaux s'efforceront de définir des stratégies communes pour contrer la grippe aviaire dans les pays affectés tout en empêchant la propagation du virus.

La réunion qui se déroule à huis clos jusqu'au 4 février sera suivie le 5 février à 12h 30 par une conférence de presse au siège de la FAO, à Rome.

Dans un communiqué diffusé hier, la FAO se déclarait vivement préoccupée par l'épizootie de grippe aviaire en Asie de l'Est et mettait en garde contre l'apparition de nouveaux cas de la maladie dans la région.

« Le virus de la grippe aviaire, qui se répand, menace très sérieusement aussi bien la santé animale que la santé publique », déclarait l'organisation qui soulignait que l'apparition de nouveaux cas en Thaïlande, en Chine et au Vietnam montre que la maladie est loin d'avoir été endiguée.

Un épidémiologiste australien est attendu jeudi en Chine pour se joindre aux équipes de surveillance, indiquait-elle, ajoutant que la situation était grave en Chine, en Thaïlande et au Vietnam. Dans ce dernier pays, où plus de 8 millions de poulets ont été abattus, une aide internationale d'urgence est indispensable. Le Laos, quant à lui, a réussi à maintenir la situation sous contrôle, précisait la FAO.

L'agence insistait sur la nécessité de mener une campagne d'information à l'égard des agriculteurs, ceux-ci jouant un rôle important pour éliminer la menace d'une transmission du virus à l'homme, pour les inciter à poursuivre la campagne d'éradication du virus.

Les mesures recommandées au plan international incluent l'abattage massif, la mise en quarantaine et la surveillance. Il convient, en outre, ajoutait-elle, de restreindre les déplacements de personnes, d'animaux et de biens dans les régions contaminées. Les aliments suspects doivent être détruits.

Elle indiquait également que, du fait de la dimension régionale de la crise, les gouvernements doivent partager les informations relatives aux campagnes d'éradication et de surveillance et mettait en avant le fait que l'abattage massif devrait aller de pair avec des compensations financières de façon à inciter les éleveurs à appliquer les mesures de surveillance. A ce jour, plus de 45 millions d'animaux ont été abattus en dehors de la Chine.

Les moyens d'existence de millions d'éleveurs de volaille sont menacés en Asie, met en garde la FAO. Les fermes de petites et moyennes capacités doivent être soutenues afin qu'elles puissent appliquer des mesures de biosécurité incluant sécurité des aliments et prévention des risques.

Cette crise montre également que le système actuel de production de volailles doit être revu et modernisé. Tout contact entre les volailles et la faune ornithologique - considérée comme le réservoir du virus - doit être évité.

Plus vite les volailles infectées sont éliminées et plus sera minimisé le risque de voir le virus de la grippe aviaire se transmettre à l'homme, ajoutait-elle.

De son côté, l'OMS annonçait hier qu'un nouveau cas confirmé par des analyses de laboratoire avait été confirmée en Thaïlande. Il s'agit d'une femme de 58 ans qui est tombée malade le 19 janvier et est décédée le 27. Ce dernier cas porte à 4, dont 3 décès, le nombre des cas dans le pays.

A ce jour, seuls la Thaïlande et le Vietnam ont enregistré des cas de propagation du virus à l'homme, 14 au total dont 11 décès. D'importantes flambées épidémiques dans les élevages de volaille se sont parallèlement produites dans les deux pays.

Dans le même temps, la Chine signale qu'elle suspecte, elle aussi, l'apparition de la grippe aviaire dans 10 des 31 provinces chinoises.

Hier également, le chef du Programme mondial sur la grippe de l'OMS, le docteur Klaus Stöhr, a indiqué n'avoir observé qu'un seul cas, au Vietnam, où la transmission du virus de la grippe ne pouvait s'expliquer que par la contamination entre humain. Il a toutefois insisté sur le fait qu'il pouvait s'agir d'une anomalie qui ne changeait en rien l'épidémiologie générale du virus.

Le docteur Stöhr n'a cependant pas exclu qu'une mutation du virus se produise graduellement et qu'elle permette sa propagation directement entre humains au lieu de la contamination des humains par la volaille qui s'est produite jusqu'à présent dans tous les autres cas.

 

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