Somalie : l'agence pour les réfugiés appelle à une augmentation radicale de l'aide alors qu'un accord politique vient d'être conclu

30 janvier 2004

De retour d'une mission dans la Corne de l'Afrique, des experts du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) se prononcent en faveur d'un accroissement radical de l'aide humanitaire, au moment où le pays vient de signer un accord ouvrant la voie à l'organisation d'élections.

De retour d'une mission dans la Corne de l'Afrique, des experts du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) se prononcent en faveur d'un accroissement radical de l'aide humanitaire au moment où le pays vient de signer un accord ouvrant la voie à l'organisation d'élections.

L'équipe de haut niveau, conduite par l'Inspecteur général Dennis McNamara, qui revient d'une mission de trois semaines au Kenya, en Ethiopie, à Djibouti et en Somalie, s'apprête à formuler un certain nombre de propositions sur la direction et les objectifs du programme somalien, indique aujourd'hui un communiqué du HCR.

Quelque 200 000 réfugiés somaliens sont disséminés dans la région, au Yémen, à Djibouti, en Ethiopie et plus de 130 000 au Kenya.

L'équipe fait remarquer que les pourparlers de paix sont parvenus, hier, à la signature d'un accord portant sur l'établissement d'un nouveau Parlement qui élira à son tour un Président, ouvrant ainsi la possibilité de voir la Somalie se doter du premier gouvernement national reconnu depuis 13 ans.

Elle a aussi souligné que plus de la moitié du pays jouissait d'une paix et d'une stabilité relative depuis quelques années et qu'il existait actuellement une marge de manoeuvre permettant d'encourager le retour de 30 000 réfugiés - particulièrement ceux qui se trouvent au Kenya, au Yémen et à Djibouti - au Somaliland et au Puntland.

Cependant pour que ce retour soit viable, l'aide qui s'est effondrée de 90% après la chute du régime de Siad Barre, doit à nouveau augmenter, notamment dans les domaines de la santé, de l'eau, de l'éducation et de la création d'emplois, estime le HCR.

Or la Somalie reste un des pays les plus pauvres du monde avec près de la moitié de sa population vivant avec un dollar par jour et seulement 10% d'entre elle alphabétisée. Un quart des Somaliens a accès à de l'eau potable et selon le dernier indicateur de développement humain, c'est le troisième pays le plus pauvre au monde.

En dépit de l'extrême pauvreté, près d'un million de réfugiés est revenu en Somalie au cours des dernières années. Or, selon une récente enquête menée par le HCR, plus de 90% d'entre eux n'ont pas les revenus suffisants pour satisfaire à leurs besoins les plus basiques et environ deux tiers survivent avec un seul repas par jour.

Parallèlement l'année dernière, l'ensemble des agences humanitaires de l'ONU ont reçu 35 millions de dollars soit environ la moitié du financement qu'elles avaient demandé.

Un financement « totalement inadapté en cette période critique de transition », a déclaré Dennis McNamara. « Le montant de l'aide apportée à l'ensemble des programmes et des agences intervenant en Somalie doit être radicalement augmenté en 2004 si l'on veut stabiliser ces populations. »

Quelque 12 000 Somaliens entreprennent chaque année la dangereuse traversée en bateau pour aller chercher au Yémen de meilleures conditions d'existence et, malgré l'état de dénuement des camps en Ethiopie, au Kenya et à Djibouti, « beaucoup sont réticents à rentrer chez eux en raison des conditions qui sont encore pires en Somalie », indique la Représentante du HCR en Somalie, Simone Wolken.

 

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