Kofi Annan à Bruxelles : la mission ira en Iraq, donnera son avis et reviendra

28 janvier 2004

A l'issue de son entretien avec le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, le Secrétaire général de l'ONU a mis en avant l'étroite collaboration qui prévaut entre l'Union européenne et l'ONU. Sur l'Iraq, il a insisté sur le fait que les inquiétudes en matière de sécurité demeuraient et que la mission d'évaluation de la faisabilité des élections irait sur place, donnerait son avis et reviendrait. Quant à la question chypriote, si les parties sont décidées à reprendre les négociations, c'est en ayant présent à l'esprit qu'il faut qu'un accord soit conclu en mars, a déclaré Kofi Annan.

« Permettez-moi d'être honnête et clair. Nous sommes toujours très préoccupés par la sécurité » en Iraq, a déclaré Kofi Annan, lors de sa rencontre avec la presse à Bruxelles aujourd'hui.

« Il est question d'une équipe qui se rende à Bagdad, qui donne son avis et revienne. Il n'est pas question d'un redéploiement de l'ONU », a-t-il ajouté alors que Romano Prodi, le Président de la Commission européenne, également présent, déclarait d'emblée le soutien complet et « de longue date » de l'Union européenne à l'ONU.

Le Secrétaire général a insisté sur le fait que la sécurité en Iraq était préoccupante et qu'elle était ré-évaluée quotidiennement à l'ONU. « Je sais que la coalition m'assure qu'ils font tout ce qui est en leur pouvoir, y compris en formant la police et l'armée irakiennes, pour pacifier la situation. Nous nous préparons de notre côté à être en mesure de retourner [en Iraq] mais la question de la sécurité sera déterminante. »

Parmi les questions abordées entre le Président Prodi et le Secrétaire général, la question chypriote revêtait, d'un point de vue européen, une importance primordiale. Le Président de la Commission européenne s'est dit persuadé « qu'il existait actuellement une marge de manoeuvre permettant de parvenir à un règlement sur la base du plan présenté par le Secrétaire général. »

« La Commission peut apporter une assistance technique à l'ONU pour ce qui touche au droit européen. Nous sommes prêts à nous accommoder d'un règlement basé sur le plan du Secrétaire général. Nous sommes également prêts à organiser une conférence international des donateurs pour mobiliser le soutien financier nécessaire dans le cadre d'un règlement », a déclaré M. Prodi, qui a ajouté peu après être globalement « prêts à fournir à l'ONU l'assistance technique et financière sur toutes les questions ayant trait à l'Acquis communautaire et à tous les chapitres qui pourraient être utiles dans cette circonstance. »

Quant au Secrétaire général, il a affirmé à nouveau avoir eu avec le Premier Ministre [de la Turquie] Erdogan « une réunion très encourageante » au cours de laquelle celui-ci s'est dit prêt à réengager les négociations. Kofi Annan a indiqué qu'il allait rencontrer dans l'après-midi M. Papadoupolos [le président chypriote-grec], qu'il espérait avoir aussi l'occasion de parler avec les dirigeants grecs et qu'il lui fallait également entendre M. Denktash, [le dirigeant chypriote-turc].

Il décidera à ce moment-là si les conditions sont réunies pour qu'il reprenne sa mission de bons offices. « Les conditions sont claires », a-t-il déclaré, les parties doivent être prêtes à manifester leur volonté de résoudre cette question.

Interrogé sur la possibilité de mener à bien ces négociations d'ici au 1er mai, date de l'élargissement de l'Union, Kofi Annan a précisé que « le plan qui est actuellement sur la table laisse aux parties la possibilité de négocier des changements » et également, que, s'il n'y a pas d'accord sur certains points, « elles peuvent me donner l'autorité de remplir les blancs. »

« Idéalement, il faudrait essayer de parvenir à un accord entre les parties en mars pour être en mesure d'avoir un référendum simultané en avril et être prêts pour la date limite du 1er mai », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il « fallait qu'il soit bien clair dans l'esprit de tous ceux qui me parlent de reprendre les pourparlers, que nous voulons régler la question avant le 1er mai .»

Sur la Côte d'Ivoire, M. Prodi, qui s'est rendu dans le pays, a souligné la fragilité de la situation et indiqué que le Secrétaire général et les dirigeants européens étaient d'accord sur le fait que l'accord de Linas-Marcoussis devait rester la base des efforts de paix. Il a ajouté qu'il « était temps d'y déployer une opération de maintien de la paix de l'ONU » et indiqué que « nous avons assuré le Secrétaire général de notre détermination à soutenir financièrement les opérations de mobilisation et de reconstruction. »

Kofi Annan avait auparavant exprimé « le grand respect » que lui inspirait le travail de l'Union européenne, « non seulement ici en Europe mais dans le monde » et « le merveilleux exemple de coopération qu'ils offrent au monde.»

« Ils croient dans un multilatéralisme effectif et c'est de cela qu'il s'agit à l'ONU. Tout au long de mon mandat de Secrétaire général, ils ont été des supporters très solides et nous avons travaillé de façon très, très proche, tous ensemble », a-t-il déclaré.

Après sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de l'Irlande, M. Brian Cowen, qui représentait la présidence de l'Union européenne, le Secrétaire général et M. Cowen ont évoqué la tenue, pendant la présidence de l'Irlande, d'une Conférence sur le sida qui portera tout particulièrement sur sa propagation en Europe centrale et en Europe de l'Est.

Ils ont également indiqué leur volonté de relancer le processus de paix au Moyen-Orient.

 

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