Le cas du Kosovo présenté au Forum international de Stockholm sur la prévention du génocide

28 janvier 2004

Pour mettre fin au nettoyage ethnique, il faut en préalable une volonté internationale claire qui se traduise par le déploiement rapide d'une force internationale aux moyens suffisants, a indiqué l'envoyé de l'ONU à Stockholm.

« Le Kosovo est un bon exemple de ce que la communauté internationale et l'ONU peuvent réaliser pour mettre fin au nettoyage ethnique et mettre place les instruments politiques qui éviteront qu'il ne se reproduise », a déclaré le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU au Kosovo, Jean-Christian Cady.

« Le préalable indispensable à la réussite en ce domaine : une volonté claire et commune de la communauté internationale », a poursuivi l'envoyé de l'ONU.

Il a rappelé qu'il a fallu une longue période d'efforts diplomatiques infructueux avant que cette volonté ne se manifeste sous la forme d'une intervention militaire de l'OTAN.

« Une mission internationale dotée d'une composante militaire, d'un mandat robuste et de moyens suffisants doit être déployée sur le terrain aussi rapidement que possible » a souligné M. Cady qui a ajouté qu'au Kosovo, « dans l'intervalle qu'il avait fallu pour mettre en place la force de maintien de la paix, s'étaient produites de nombreuses actions de représailles et les victimes étaient devenues les bourreaux. »

Il a indiqué qu'une autre difficulté résidait dans le retour des personnes déplacées involontairement. « Si le retour de pratiquement tous les membres de la communauté albanaise a été une affaire de quelques semaines, [?] quatre ans et demi après le début de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), la plupart des membres de la communauté serbe qui ont quitté le Kosovo, ne sont pas revenus en dépit des efforts de la MINUK. »

« Même parmi ceux qui sont bel et bien revenus, le sentiment qui prévaut chez beaucoup est que la situation est trop fragile et le chômage trop élevé », a ajouté M. Cady.

Pour qu'une réconciliation puisse se produire, il est nécessaire, selon l'envoyé de l'ONU, de mettre en place un système judiciaire qui permette de ne laisser aucun crime impuni et de travailler activement à la question des personnes disparues, une question « qui perpétue les souvenirs amers du conflit. »

Le principal défi pour la MUNIK est de créer les conditions de stabilité qui rendent possible la multiethnicité au Kosovo, a indiqué M. Cady qui a affirmé que la police et le système judiciaire du Kosovo était aujourd'hui réellement multiethnique.

« L'élément central de la stratégie de la communauté internationale pour le Kosovo est l'approche dite des 'Normes avant le statut'. [?] Le plan d'application sur lequel nous travaillons actuellement avec le Gouvernement du Kosovo, a précisément pour objet d'éliminer de façon durable les causes d'un conflit ethnique », a déclaré le Représentant spécial adjoint.

 

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