La Guinée-Bissau veut devenir le premier pays d'Afrique à éliminer ses mines terrestres et recherche le financement nécessaire

14 janvier 2004

La Guinée-Bissau veut devenir le premier pays d'Afrique, en situation d'après conflit, à se débarrasser de ses mines terrestres et munitions non explosées et cherche à financer un plan en trois ans d'un montant de 2,4 millions de dollars.

Le président Henrique Rosa qui a pris la tête du pays à la suite d'un coup d'Etat qui a destitué l'ancien Président Koumba Yalá, le 14 septembre dernier, a récemment demandé aux partenaires du pays en matière de développement de financer un plan d'action de 11 projets visant à réduire à zéro l'impact des mines terrestres à Bissau, la capitale guinéenne, d'ici à 2005 et dans le reste du pays d'ici à 2006, pour un budget total de 2,4 millions de dollars.

Les activités envisagées dans le cadre de ces projets sont diverses : éducation sur les risques présentés par les mines, enquête sur l'impact des mines, enlèvement des mines et des munitions, aide aux victimes.

César de Carvahlo, directeur du Centre de coordination de l'action anti-mines (CAAMI), affirme que « la Guinée-Bissau est en bonne voie pour devenir le premier pays africain à se libérer des mines terrestres », indique un communiqué du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) diffusé aujourd'hui.

Le PNUD et le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets aident la CAAMI qui a été créée en 2001, à coordonner les activités nécessaires pour éliminer les mines terrestres et venir en aide aux blessés. Le projet sera administré par le Conseil de direction national d'action humanitaire anti-mines, coprésidé par un représentant officiel du gouvernement et par Albéric Kacou, coordonnateur résident des Nations Unies et représentant résident du PNUD en Guinée-Bissau.

Les mines terrestres sont les vestiges des guerres civiles qui ont sévies, en 1998 et 1999, dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, l'un des plus pauvres au monde, et de la guerre d'indépendance qui s'est terminée en 1974. Les mines ont tué ou blessé plus de 30 personnes au cours de la dernière année et elles empêchent la population d'accéder aux terres agricoles, routes, puits et autres lieux publics.

Deux organisations civiles nationales, HUMAID (Aide humanitaire), qui fonctionne depuis la mi-2000, et LUTCAM (Lutamos Todos Contra As Minas), sont chargées des opérations de déminage. À la fin novembre, elles avaient nettoyé une superficie de près de 566 000 m2 dont elles avaient éliminé 2 550 mines terrestres et 15 000 engins non explosés. Elles concentrent leurs efforts actuels principalement sur les régions agricoles.

Les progrès réalisés par la Guinée depuis le changement de gouvernement, en moins de 4 mois, a amené le Secrétaire général de l'ONU dans son dernier rapport sur la situation dans ce pays, à poser la question de l'intervention préventive de la communauté internationale dans le cas où un Président démocratiquement élu place son pays dans « une situation intenable dans laquelle la Constitution est violée à plusieurs reprises. »

 

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