R.D. du Congo : scènes de réconciliations entre Hémas et Lendus en Ituri

12 janvier 2004

Même « s'il est vrai qu'en Ituri, les accords signés ont souvent été violés, les déclarations d'amitié des chefs de guerre souvent démenties par les combats, les espoirs souvent déçus », la Mission de l'ONU présente dans cette région du Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC) veut croire à l'atmosphère de réconciliation qui prévaut en ce début d'année 2004 dans certaines communautés de la région.

« Au nom des Hemas du territoire d'Irumu, je demande pardon à tous les Lendus du territoire de Ndjugu. Pardonnez-nous devant le monde et devant Dieu. Vous nous l'accordez ? », clame, ce 1er janvier 2004, Augustin Kisembo, chef de la collectivité des Bahema du Sud et actuel Président du PUSIC (Parti pour l'Unité et la Sauvegarde de l'Intégrité du Congo) à l'intention des Ituriens lendus qui accueillent la délégation de notables hemas à Zumbe, à 25 km à l'est de Bunia.

« L'assistance applaudit. Déjà, à Noël, les Lendus avaient été accueillis par les Hémas à Kasenyi, à 48 km à l'est de Bunia pour une cérémonie de réconciliation », indique le reportage publié aujourd'hui sur le site Internet de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC).

« Nous demandons pardon aux Hemas ? Je crois qu'au nom de nous tous, ce pardon est accordé », souligne pour sa part le chef de collectivité Lendu Tatsi, Shatsi Ngabile, devant ses invités. Des accolades et une poignée de main symbolique entre les chefs ennemis d'hier achèvent la cérémonie.

En présence des membres de l'administration intérimaire de l'Ituri, les chefs de communautés semblent donc enclins à se réconcilier. L'occasion, disait-on, était offerte pour une paix effective et cette fois sans détour ni hypocrisie, indique encore le reportage de la MONUC.

Des voix se sont élevées pour exhorter les chefs de guerre des deux communautés à faire respecter les droits de l'homme afin que plus jamais la population ne fasse les frais de massacres, de pillages, que les femmes et les enfants ne soient plus jamais violés, utilisés comme esclaves sexuels, torturés, qu'enfin une paix véritable et durable s'installe en Ituri.

« Nous en avons assez de cette guerre. Nous ne restons qu'avec orphelins, veuves. La pacification que nous voulons doit éviter toute hypocrisie, une pacification vraie et agréable aux yeux de Dieu », conclut un pasteur d'une église protestante locale.

A Bunia, chef-lieu de l'Ituri, seule l'intervention d'une Force multinationale européenne d'urgence, avait pu mettre un terme aux combats entre milices hémas et lendus qui, au printemps 2003, avait entraîné la mort de centaines de personnes. Un renforcement de l'effectif de la MONUC porté de 8 700 à 10 800 hommes dont 3 800 affectés à la Brigade de l'Ituri créée pour ramener la paix dans cette région, a permis aux troupes de l'ONU de prendre en septembre le relais de la Force européenne.

 

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