En Afghanistan en 2003, des bas mais aussi des hauts, selon la Mission de l'ONU qui, malgré l'insécurité, réaffirme son engagement

En Afghanistan en 2003, des bas mais aussi des hauts, selon la Mission de l'ONU qui, malgré l'insécurité, réaffirme son engagement

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Malgré les inquiétudes liées à l'insécurité, encore avivées par l'explosion à l'extérieur de logements de membres du personnel de l'ONU, le 25 décembre, la Mission de l'ONU en Afghanistan veut croire que la Loya Jirga va produire « dans les jours qui viennent » une constitution qui permettra au pays d'aller de l'avant, fait le bilan des progrès réalisés dans l'année et affirme être plus que jamais engagée à aider les Afghans à aller beaucoup plus loin dans le sens du progrès, de la paix et de la stabilité.

« Comme beaucoup de pays qui se trouvent dans une situation d'après conflit, l'Afghanistan a connu des hauts et des bas. La route est cahoteuse, nous ne pouvons pas perdre cela de vue », a déclaré, hier, le porte-parole de la Mission d'assistance des Nations-Unies en Afghanistan, Manoel de Almeida e Silva, lors de l'un de ses derniers points à la presse pour 2003.

« Cela a été une année où l'inquiétude à l'égard de la sécurité est allée croissant », a souligné M. de Almeida qui s'adressait aux journalistes depuis le Centre de presse de la Loya Jirga Constitutionnelle, la grande Assemblée traditionnelle de délégués venus de tout le pays pour débattre du projet de constitution. « Des épisodes comme la récente explosion survenue à l'extérieur de la résidence de l'ONU à Kaboul, nous préoccupent énormément », a-t-il ajouté.

Les premiers résultats de l'enquête sur l'explosion, qui s'est produite à l'extérieur d'un ensemble de logements où résidaient des employés de l'ONU à Kaboul, indiquent qu'elle a été provoquée par un engin explosif rudimentaire. Elle n'a provoqué que des dégâts matériels alors qu'à 5 heures du matin, ce 25 décembre, portes et protection d'acier des fenêtres ont été arrachées pendant que 4 sur les 6 résidents membres du personnel de l'ONU à Kaboul se trouvaient chez eux.

« Inutile de dire que plus aucun des occupants n'habite la maison », a déclaré le porte-parole qui a insisté sur le fait que la répétition de tels événements affectait à la fois le moral du personnel et la capacité de l'ONU de mener à bien ses programmes.

Il a également souligné qu'en dépit de ces préoccupations, « nous sommes ici pour poursuivre notre mission. » « Les conditions de sécurité doivent s'améliorer pour que nous puissions redéployer nos programmes mais l'engagement de l'ONU à l'égard des Afghans est très fort », a affirmé le porte-parole.

Manoel de Almeida e Silva a également souligné les progrès « importants » survenus en 2003, notamment le début de l'inscription sur les listes électorales et du processus de désarmement-réintégration des anciens combattants. Par ailleurs, « nous avons la Loya Jirga constitutionnelle qui, nous l'espérons, va adopter dans les jours qui viennent une constitution qui permettra à l'Afghanistan d'aller de l'avant », a-t-il ajouté.

M. de Almeida avait auparavant précisé que la phase pilote de désarmement-réintégration se poursuivait à Kunduz où 1 007 anciens combattants avaient achevé leur phase de réintégration. A Gardez, il ne reste plus que 63 soldats qui doivent arriver au bout du processus pour que l'opération pilote de désarmement-réintégration soit achevée. Au total, 569 soldats auront été démobilisés et 506 ont déjà été réintégrés. A Kaboul, le désarmement de 1 800 soldats commencera dès la première semaine de janvier, après la phase de vérification.

Le nombre d'Afghans inscrits sur les listes électorales a dépassé 150 000 dont 28 517 femmes, le record en termes d'inscriptions étant détenu par Jalalabad où plus de 47 000 habitants sont allés s'inscrire. L'ouverture de deux centres d'inscription vient d'être décidée à Kandahar, a également indiqué M. de Almeida.

Enfin, au nombre des points favorables annoncés par le porte-parole de la MANUA hier, figure l'attribution par la Banque mondiale de trois lignes de crédits de 166 millions de dollars. Un prêt sans intérêts de 40 millions financera la réhabilitation d'urgence du système d'irrigation alors que 31 millions, également sans intérêts, contribueront à un projet de modernisation des douanes et d'aide au commerce. Les recettes douanières ont constitué, en 2002, 60% des revenus de l'Afghanistan et ces résultats devraient s'améliorer grâce à ce projet. La Banque mondiale a enfin approuvé un don de 95 millions qui abondera le Programme national de solidarité du pays.

« Il y a eu un certain nombre de réalisations mais il nous en faut encore de beaucoup d'autres. Dans un certain sens, nous espérons que les graines qui ont été plantées - l'inscription électorale, le désarmement-réintégration, la constitution - grâce au travail des organisations non gouvernementales, des agences de l'ONU et par-dessus tout du Gouvernement afghan, nous espérons que tout cela débouchera sur encore beaucoup de programmes et de projets et finira par amener un sentiment de progrès, de stabilité et de paix au peuple afghan », a conclu le porte-parole de la Mission de l'ONU.