La Libye explique sa nouvelle politique de désarmement au Conseil de sécurité

23 décembre 2003

Souhaitant que sa décision fasse des émules, notamment au Moyen-Orient, la Libye explique dans une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité comment, à la suite des discussions qu'elle a tenues avec les États-Unis et le Royaume-Uni, elle a « librement décidé » de devenir exempte de toute arme interdite au plan international et de recevoir des équipes d'inspection.

Dans un courrier rendu public aujourd'hui, le Secrétaire libyen du Comité populaire général pour les liaisons extérieures et la coopération internationale rappelle que, pendant la guerre froide, « la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste avait invitée les pays de la région à faire du Moyen-Orient et de l'Afrique une zone exempte d'armes de destruction massive. »

« Cet appel n'ayant suscité aucune réaction sérieuse, la Jamahiriya arabe libyenne s'est employée à renforcer ses capacités défensives », poursuit-il.

Le communiqué transmis dans la lettre adressée au Président du Conseil de sécurité précise que des discussions ont eu lieu « entre des experts libyens, américains et britanniques concernant les activités de la Jamahiriya arabe libyenne dans ce domaine, les experts libyens ont renseigné leurs homologues sur les matières, les équipements et les programmes, tels que les centrifugeuses et les cuvettes servant au transport de substances chimiques, qui pourraient être utilisés pour produire des armes proscrites sur le plan international. »

« À la suite des discussions qu'elle a tenues avec les États-Unis et le Royaume-Uni, deux membres permanents du Conseil de sécurité chargés de préserver la paix et la sécurité internationales, la Jamahiriya arabe libyenne a librement décidé d'éliminer ces matières, équipements et programmes et de devenir exempte de toute arme interdite sur le plan international », poursuit ce communiqué.

Il est également indiqué que « la Jamahiriya arabe libyenne a également décidé de ne garder que des missiles ayant une portée conforme aux normes convenues dans le Régime de contrôle de la technologie des missiles (RCTM). »

« Elle prendra ces mesures dans un climat de transparence et des vérifications pourront être faites, y compris au moyen de vérifications internationales d'urgence », est-il précisé.

La Libye « réaffirme » qu'elle respecte le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l'Accord de garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et la Convention sur les armes biologiques, et qu'elle accepte toute autre obligation, y compris le Protocole facultatif à l'Accord de garanties de l'AIEA et le Traité sur les armes biologiques et chimiques.

« Consciente que la course aux armements ne favorise ni sa sécurité ni celle de la région et va à l'encontre de sa volonté résolue d'appartenir à un monde vivant dans la paix et la sécurité, la Jamahiriya arabe libyenne souhaite, grâce à cette initiative, encourager tous les pays sans exception, à commencer par ceux du Moyen-Orient, à suivre son exemple », conclut le communiqué transmis au Conseil de sécurité auquel, par ailleurs, la Libye prévoit de rendre compte de la situation.

 

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