Sombres perspectives de Noël pour les Zimbabwéens souffrant de la faim

Sombres perspectives de Noël pour les Zimbabwéens souffrant de la faim

media:entermedia_image:f831bab7-1c9a-4bb6-85b6-e860e8b6ba1e
Plus de 2,6 millions d'habitants du Zimbabwe s'apprêtent à passer des fêtes de Noël avec des rations alimentaires diminuées de moitié faute de dons suffisants, indique le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.

Plus de 2,6 millions d'habitants du Zimbabwe s'apprêtent à passer des fêtes de Noël avec des rations alimentaires diminuées de moitié faute de dons suffisants, indique le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.

« Il est tragique d'avoir dû réduire ces rations au moment où les gens normalement célèbrent les fêtes mais si nous ne recevons pas assez de nourriture ou de liquidités de la part des donateurs, il nous sera tout simplement impossible de satisfaire les besoins alimentaires », indique le directeur régional du PAM pour l'Afrique du Sud, Mike Sackett, dans un communiqué diffusé aujourd'hui.

Les perspectives pour le premier trimestre 2004 sont encore pires. A partir de janvier, c'est chaque année la saison maigre, celle où les greniers ont tendance à se vider et les populations à dépendre encore plus de l'aide alimentaire.

« Sans nourriture en suffisance, les gens n'auront pas assez d'énergie pour cultiver leur terre en prévision de la prochaine récolte de laquelle dépendent les ressources alimentaires du foyer », précise Mike Sackett.

Très peu de personnes ont le revenu ou l'épargne nécessaires pour se procurer les produits de base dont les prix ont augmenté de près de 50 % dans les dernières semaines, ce qui les rend inaccessibles à la moyenne des familles.

Dans les zones urbaines, les réseaux d'eau et les égouts ont atteint un stade de dégradation extrême, faute des liquidités nécessaires pour acquérir les pièces détachées et les produits d'assainissement. Une flambée de choléra ou de dysenterie dont le risque est actuellement élevé, aurait un impact grave sur une population déjà affaiblie.

On estime que la moitié de la population urbaine du Zimbabwe vit en dessous du seuil de pauvreté. La propagation du sida vient s'ajouter aux ressources alimentaires insuffisantes. Le taux de prévalence des adultes est de 33%, et on estime à 23% le nombre des ouvriers agricoles qui sont morts ou tombés malades au travail. Les surfaces cultivées ont diminuées de 39% et les rendements de 59%.

« La crise commence seulement à se développer. Nous avons un besoin urgent de contributions en liquide pour éviter de nouvelles diminutions des rations qui auraient des conséquences catastrophique », indique Mike Sackett.

Le PAM a lancé en juillet un appel à contributions d'un montant de 6,5 millions de dollars correspondant aux besoins jusqu'en juin 2004. Les donateurs ont fourni moins de la moitié de la somme dont les deux tiers devaient servir à répondre aux besoins du Zimbabwe.

Les donateurs qui ont apporté les contributions les plus importantes sont les Etats-Unis (83 millions), l'Union européenne (36,5 millions), le Royaume-Uni (8,4 millions), la Suède (5,8 millions) et l'Australie (5 millions), précise le communiqué.