Vagues de chaleur sans précédent et anomalies climatiques ont marqué 2003, annonce l'agence météo de l'ONU

17 décembre 2003

En 1000 ans, il n'avait jamais fait aussi chaud dans l'hémisphère Nord qu'à la fin du XXe siècle, 1998 arrivant en tête des années les plus chaudes, suivie par 2002 puis 2003. Dans sa déclaration sur l'état du climat mondial en 2003, l'agence météorologique mondiale de l'ONU n'en finit pas de décrire la tendance à la hausse des températures mondiales et les anomalies climatiques.

Calculées séparément, les températures moyennes en 2003 dans l'hémisphère Nord (+0,57°C) et dans l'hémisphère Sud (+0,33°C) devraient toutes deux occuper le troisième rang des températures les plus élevées depuis le début des mesures instrumentales, en 1861, indique le communiqué de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

L'Europe a connu une chaleur sans précédent en juin, juillet et août. La zone « Méditerranée/Proche-Orient » a enregistré en juin et juillet une anomalie positive record si l'on combine la température à la surface des terres et la température de surface de la mer (SST).

La température moyenne à la surface du globe s'est élevée depuis le début des mesures instrumentales, qui remonte à 1861. Depuis 1976, la température moyenne progresse à un rythme environ trois fois plus élevé que celui qui a été calculé sur un siècle.

La chaleur qui a marqué la fin du XXe siècle dans l'hémisphère Nord est sans précédent, en tous cas si l'on se réfère au dernier millénaire. Dans l'hémisphère Nord, les années 90 représentent la décennie la plus chaude et 1998 l'année la plus chaude depuis 1000 ans, poursuit l'OMM.

Ailleurs dans le monde, l'organisation signale également des anomalies. Le mois de mai d'ordinaire le plus chaud de l'année en Inde, où la mousson d'été est souvent précédée par des vagues de chaleur, a battu des records cette année et 1 500 personnes au moins ont péri à cause de la chaleur. Par contraste, le nord de l'Inde a connu en janvier des températures extrêmement basses avec des maxima de 4 à 5°C inférieurs à la normale, et plus de 1 900 personnes sont mortes à cause de la vague de froid. Au Pakistan, au Népal et au Bangladesh, les basses températures et le brouillard persistant ont fait des centaines de victimes durant le mois de janvier.

Pendant l'hiver boréal, des vagues de froid intense se sont abattues sur de vastes régions d'Europe centrale et orientale : par exemple, en Fédération de Russie, le thermomètre a plongé jusqu'à -45°C en janvier. En Mongolie, pour la troisième année consécutive, un été sec a succédé à un hiver froid, ce qui a eu des effets dévastateurs sur le bétail. Durant l'hiver austral, l'altiplano péruvien a connu une vague de froid qui a fait plus de 200 victimes, les températures ayant chuté en dessous de -20°C au mois de juillet dans les régions situées au-dessus de 4000 mètres.

Dans cette première communication sur le climat mondial qui préfigure sa déclaration annuelle à paraître en mars, l'OMM signale encore des pluies abondantes, des inondations, des coulées de boue dans de nombreuses régions. Les ouragans, typhons et cyclones tropicaux ont été également plus nombreux que d'habitude, indique-t-elle.

Le trou dans la couche d'ozone a atteint fin septembre son étendue maximale (28 millions de km2), équivalente à la superficie record observée en septembre 2000.

Enfin, indique l'OMM, dans l'hémisphère Nord, les glaces de mer couvraient en septembre 2003 une superficie de 5,4 millions de km2, valeur proche du minimum historique de 5,3 millions de km2 observé en septembre 2002. La faible étendue des glaces de mer constatée ces dernières années corrobore les résultats des nouvelles analyses des données satellitaires, qui font état d'un net réchauffement de la région arctique dans les années 90 par rapport aux années 80.

 

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