Réunion « cordiale » entre l'Ethiopie et l'Erythrée malgré l'absence d'accord sur le tracé de la frontière, indique la MINUEE

15 décembre 2003

La réunion de la Commission de coordination militaire (CCM) qui rassemblait le Commandant de la force de l'ONU, des délégations éthiopienne et érythréenne ainsi qu'un représentant de l'Union africaine, s'est déroulée dans une « atmosphère cordiale », chacune des parties exprimant sa volonté de trouver une solution à l'impasse actuelle tout en préservant la stabilité au plan militaire, indique aujourd'hui la Mission de l'ONU en Ethiopie et en Erythrée. Le chef de la force de l'ONU a toutefois demandé aux deux pays d'éviter le plus possible de tenir des propos évoquant une reprise du conflit.

Lors de cette dernière réunion de la Commission en 2003, le Commandant de la force de la Mission de l'ONU en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE), le Major-Général Robert Gordon (Royaume-Uni), a insisté auprès de la délégation militaire éthiopienne conduite par le Brigadier-Général Yohannes Gebremeskel et de la délégation militaire érythréenne, qui avait à sa tête le Brigadier-Général Abrahaley Kifle, pour que les deux pays évitent au maximum de parler de guerre et de conflit.

De tels propos « créent une atmosphère d'insécurité et d'anxiété chez les populations vivant dans les zones frontalières », a souligné le Commandant qui a attribué la tension récente à l'impasse dans laquelle se trouvait le processus de démarcation de la frontière.

« Malgré le blocage, le Commandant de la Force a fait remarquer qu'une activité politique considérable, ayant pour objectif de faire avancer les choses, avait eu lieu », indique un communiqué de la MINUEE publié aujourd'hui. Il a également félicité les deux parties pour la « remarquable stabilité militaire » qu'elles avaient réussie à maintenir et pour la poursuite de leur coopération avec la Mission.

Le Brigadier-Général Elliot Kamteni qui représentait l'Union africaine, a, lui aussi, insisté sur le fait que la Commission était le seul lieu de discussion où « nous pouvons nous asseoir et discuter de questions ayant trait à l'aspect militaire du processus de paix », indique le communiqué. Il s'est également félicité des efforts effectués par la communauté internationale pour faire avancer le processus de paix.

Le Brigadier-Général éthiopien Yohannes Gebremeskel a réaffirmé que son pays était favorable au maintien de la paix avec l'Erythrée. Il a exprimé sa satisfaction à l'égard de l'engagement de la communauté internationale et a souligné qu'un règlement pacifique ne serait pas seulement bénéfique à l'Ethiopie et à l'Erythrée mais également à la stabilité régionale de toute la Corne de l'Afrique.

Se référant aux récentes visites de diplomates et d'hommes politiques dans la région, le chef de la délégation érythréenne, le Brigadier-Général Abrahaley Kifle, a estimé pour sa part qu'elles compliquaient le processus de paix qui, de son point de vue, ne trouverait une solution que dans le cadre de la Commission du tracé de la frontière entre l'Erythrée et l'Ethiopie. Il n'en a pas moins réitéré l'engagement de son pays en faveur de la paix laquelle, a-t-il dit, ne peut naître qu'une fois accepté le tracé de la frontière et la décision finale et contraignante de la Commission du tracé.

Les deux parties ont donné leur accord de principe à la création de trois comités de coordination du secteur militaire qui permettraient d'améliorer la gestion des incidents à la frontière et doivent étudier le projet d'accord qui pourrait être signé lors de la prochaine réunion de la CCM, le 2 février prochain à Nairobi.

L'une et l'autre délégation ont également été d'accord pour examiner un projet de création d'une ligne aérienne de haute altitude entre Addis Ababa et Asmara qui permettrait notamment de réduire certains coûts pour la MINUEE.

 

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