Pour l'envoyé de l'ONU s'adressant au Conseil de sécurité, Israéliens et Palestiniens doivent mettre à profit l'étroite marge de manœuvre actuelle

12 décembre 2003

L'envoyé de l'ONU au Moyen-Orient a analysé pour le Conseil de sécurité ce matin la situation nouvelle créée par une accalmie dans la violence, la nomination d'un nouveau Premier ministre palestinien, les initiatives récentes de la société civile et la résolution du Conseil de sécurité approuvant la Feuille de route, autant d'éléments nouveaux offrant aux Israéliens et aux Palestiniens une étroite mais bien réelle marge de manœuvre.

Malgré l'absence de progrès au plan diplomatique, le calme relatif sur le terrain offre une étroite marge de manœuvre dont les parties en présence doivent se saisir pour remettre le processus de paix sur les rails, a déclaré ce matin le Coordonnateur spécial du processus de paix au Moyen-Orient et Représentant spécial du Secrétaire général auprès de l'Autorité palestinienne, Terje Roed-Larsen, lors de son exposé devant le Conseil de sécurité qui consacrait une séance à la situation au Moyen-Orient et à la question palestinienne.

Pour le Représentant spécial, d'autres facteurs contribuent à créer une situation favorable, notamment la nomination du Premier Ministre palestinien, Ahmad Qurei, « qui a un long passé de négociations avec Israël », qui a exprimé à nouveau le soutien de l'Autorité palestinienne à la Feuille de route et « a constamment critiqué avec force les attaques terroristes palestiniennes. »

« Le Premier Ministre israélien a lui aussi exprimé clairement le désir de rencontrer son homologue palestinien », a ajouté M. Roed-Larsen qui a également mentionné deux initiatives de la société civile, l'Accord de Genève et l'initiative « La Voix des Peuples », des démarches « louables » et qui ont été « largement appréciées », a-t-il souligné.

Il a également mis au nombre des éléments positifs récents le vote de la résolution 1515 par le Conseil de sécurité, « une mesure extrêmement positive qui accroît le soutien de la communauté internationale en faveur de la paix. »

Le Représentant spécial a toutefois mis en garde contre un retrait israélien unilatéral de secteurs du territoire palestinien occupé. « Une tel retrait, bien que louable, peut comporter des éléments qui posent problème. Il pourrait laisser penser que seules la force, la violence et la terreur créent le changement et qu'il n'est pas besoin de passer par des négociations pour parvenir à un règlement pacifique », a-t-il fait valoir.

Par ailleurs, en ce qui concerne « l'approche 'absolutiste', si je peux me permettre de l'appeler ainsi, basée sur les initiatives de la société civile déjà mentionnées (…) je pense que même leurs concepteurs réalisent qu'une mise en œuvre rapide n'est pas possible dans le climat politique actuel », a affirme Terje Roed-Larsen.

« Il ne nous reste plus qu'une voie possible », a-t-il déclaré. « Une approche qui procèderait étape par étape et serait aidée par l'adoption de mesures créant la confiance ; en d'autres termes, des négociations bilatérales, fondées sur la Feuille de route et facilitées par la communauté internationale. »

Après avoir rencontré à Rome mercredi dernier les envoyés du Quatuor, M. Roed-Larsen a indiqué que le Quatuor, qui est composé des parrains de la Feuille de route, à savoir les Etats-Unis, l'ONU, la Russie et l'Union européenne, apporterait son aide aux efforts naissants en cours.

Il a par ailleurs indiqué que la réunion des principaux donateurs qui s'était tenue à Rome, avait été l'occasion d'avancer de nouvelles propositions concernant l'assistance à l'Autorité palestinienne et au peuple palestinien. L'une d'entre elles envisage la création d'un Fonds d'affectation spéciale basé sur la performance qui permettrait d'atténuer le déficit de 650 millions de dollars du budget de l'Autorité palestinienne. Un nouveau cadre de travail tripartite incluant l'Autorité palestinienne, le Gouvernement d'Israël et les donateurs se réunira dès lundi, a annoncé M. Roed-Larsen.

Il a conclu son exposé en formulant l'espoir que les parties se saisiraient de l'étroite marge de manoeuvre existant actuellement et que lors du prochain compte-rendu au Conseil de sécurité, le premier de la Nouvelle année, le Secrétariat sera en mesure d'annoncer que le règlement de ce long et douloureux conflit est sur la bonne voie.

 

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