L'avenir de l'ONU en Iraq est aussi fonction de la clarté des demandes qui lui sont faites, déclare Kofi Annan à Berlin

11 décembre 2003

A l'issue de sa rencontre avec le Chancelier Shroeder à Berlin, le Secrétaire général a déclaré que le rôle de l'ONU en Iraq dans l'avenir dépendait dans une large mesure de la clarté des demandes qui lui seraient faites. Quant à la Feuille de route, il a affirmé que, même si elle était mal en point, il voyait des raisons d'espérer dans les initiatives récentes de la société civile israélienne et palestinienne.

« La Feuille de route est mal en point mais cela ne veut pas dire qu'elle soit morte, je vois au contraire un nouvel état d'esprit qui est en train de se faire jour dans la région avec une société civile très active, l'initiative de Genève, les propositions d'Ami Ayalon et de Sari Nusseibeh et toute sorte d'activités dans la société civile. J'espère que cette nouvelle dynamique va inspirer les dirigeants des deux parties et qu'ils vont prendre les mesures nécessaires pour retourner à la table de négociations », a déclaré Kofi Annan lors d'une conférence de presse à laquelle il a pris part en compagnie du Chancelier allemand Gerhard Schroeder.

Interrogé sur le rôle de l'ONU en Iraq, le Secrétaire général a renvoyé à la lecture de son rapport où, a-t-il dit, il indique clairement comment l'ONU allait opérer à partir du bureau qu'elle va créer à Chypre et avec une présence à Amman.

Il a rappelé, que dans ce document, il désigne également les secteurs dans lesquels l'ONU peut aider, non seulement en matière de reconstruction ou d'affaires humanitaires mais également en prenant part à l'ensemble du processus constitutionnel et politique, débouchant sur l'inscription des électeurs et les élections elles-même et sur la création d'un gouvernement iraquien à part entière.

« Mais naturellement, j'ai demandé que les choses soient claires », a déclaré Kofi Annan. « Cette clarté doit être apportée par la coalition et par le Conseil de gouvernement iraquien qui doivent indiquer ce qu'ils attendent de l'ONU pendant la période de transition, c'est-à-dire celle qui s'étend de maintenant à la fin juin, date prévue pour la création d'un gouvernement iraquien provisoire. Le document qu'ils ont signé (la coalition et le Conseil de gouvernement iraquien) ne dit rien à ce sujet et j'espère que cela finira par être clarifié.

En réponse à une question d'un journaliste qui lui demandait son opinion sur la décision américaine de ne pas permettre aux entreprises allemandes, françaises et russes de participer à la reconstruction de l'Iraq, le Secrétaire général a estimé qu'il s'agissait « d'une décision malheureuse. »

Quelles que soient les initiatives, actions ou décisions prises à ce stade, je crois qu'elles devraient s'efforcer d'unir au lieu de diviser. De ce point de vue, je ne qualifierais pas d'unificatrice la décision prise hier », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire général a également indiqué avoir évoqué avec le Chancelier allemand la question chypriote et de « la nécessité de revenir si possible au plan qui est sur la table » ainsi que de la réforme de l'ONU. « Les Nations Unies sont arrivées à un point critique. (…) Si les problèmes et l'environnement ont changé, les réponses doivent également changer. C'est pour cela que nous essayons de nous adapter de façon à être en mesure de gérer ces nouvelles réalités », a-t-il expliqué.

 

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