Kofi Annan décide de la mise en place graduelle, dès le début 2004, de la Mission de l'ONU pour l'Iraq

Kofi Annan décide de la mise en place graduelle, dès le début 2004, de la Mission de l'ONU pour l'Iraq

En attendant que les conditions se prêtent à une amplification du rôle de l'ONU en Iraq, le Secrétaire général a décidé de mettre en place graduellement, dès le début 2004, la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq, en commençant par une ossature de 40 personnes, basée à Nicosie et dirigée par Ross Mountain, dont l'effectif sera porté à 60 quand un nouveau Représentant spécial aura été nommé.

« Au moment de prendre les difficiles décisions qui s'annoncent, je me poserai la question de savoir si l'importance du rôle attribué aux Nations Unies est à la mesure des risques que l'on nous demandera de prendre, si le processus politique est transparent et sans exclusive et les missions humanitaires prévues sont vraiment vitales ou non », déclare Kofi Annan dans son dernier rapport sur l'Iraq à propos de l'action future de l'ONU en Iraq.

Si pour le Secrétaire général, la sécurité reste un paramètre majeur dans les « difficiles décisions » qu'il va devoir prendre, l'analyse effectuée par les professionnels de la sécurité à l'ONU conclut que la situation en la matière ne s'améliorera pas à court terme et pourrait même encore se dégrader. Le Coordonnateur de l'ONU par intérim pour les questions de sécurité a estimé que la fourchette des risques encourus par le personnel de l'ONU en Iraq allait de « élevés » à « critiques », indique le rapport du Secrétaire général.

L'amélioration avec le temps de la sécurité dans le pays accompagnée d'un ensemble de mesures de protection pourrait ramener les risques à un niveau moyen, selon le Coordonnateur. L'une de ces mesures consisterait à recourir à une force armée spécialement attachée au personnel de l'ONU, « très mobile, soudée et à réaction rapide. »

Ces mesures de protection, qui comprennent également la mise en conformité des installations aux normes minimales, prendront plusieurs mois à instaurer et auront des incidences financières substantielles, indique le rapport. Il faudrait par exemple 19 coordonnateurs des mesures de sécurité dans le pays là où l'ONU ne peut à l'heure actuelle en nommer que 6.

Il est donc difficile, conclut le Secrétaire général, d'envisager dans un avenir proche la présence en Iraq d'un nombre important de fonctionnaires recrutés à l'international. Il a par conséquent décidé « d'entamer la mise en place graduelle de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq en créant l'ossature de la Mission hors de l'Iraq. »

Rappelons que le Secrétaire général avait envisagé, dans son rapport en date du 17 juillet dernier, de créer une Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq dotée d'un personnel civil de plus de 300 personnes dont plus de la moitié serait recrutée en Iraq.

La mission, dans la phase initiale prévue actuellement par Kofi Annan, serait composée d'une équipe restreinte de 40 personnes recrutées internationalement, mise en place dès le début 2004 et dans un premier temps dirigée par Ross Mountain qui a été officiellement nommé hier Représentant spécial par intérim pour l'Iraq. La majeure partie de la Mission sera basée à Nicosie mais « des effectifs supplémentaires seront déployés à Chypre, en Jordanie, au Koweït et dans d'autres lieux de la région selon les besoins. »

« L'effectif serait porté à un maximum de 60 fonctionnaires recrutés sur le plan international (protection rapprochée et collaborateurs directs) lorsque aura été nommé un nouveau Représentant spécial », précise également le rapport.

Dans l'immédiat, et malgré la forte réduction du personnel international en Iraq, les organismes et programmes des Nations Unies poursuivent des activités essentielles très diverses dans toutes les régions du pays, indique le rapport. « Ils ont pu le faire grâce surtout au dévouement et au courage indéfectibles de notre personnel national dans les 18 provinces iraquiennes », souligne Kofi Annan.

Il envisage par ailleurs de « progressivement renforcer l'action de l'ONU », si les Iraquiens et l'Autorité provisoire de la Coalition le souhaitent et si les circonstances le permettent, en jouant un rôle dans la formation de l'Assemblée nationale de transition d'ici au 31 mai 2004 et en apportant ses compétences « pour faciliter les processus constitutionnel et électoral qui devraient se dérouler au cours de la deuxième moitié de 2004 et tout au long de 2005. »

Dans ses observations de conclusion, le Secrétaire général appelle les forces de la coalition à ne recourir « à la force meurtrière » qu'à proportion des menaces auxquelles elles sont confrontées. Il juge également de la plus grande importance « que tous les membres de la communauté internationale qui sont en mesure de le faire soutiennent la mise en oeuvre d'un projet de gouvernement iraquien, et qu'on leur donne la possibilité de le faire. »

« Aucun d'entre nous ne peut se permettre de rester sur la touche », conclut-il. « Il est impératif d'asseoir le relèvement de l'Iraq sur de solides fondations, faute de quoi les conséquences pourraient être désastreuses pour la population iraquienne, la population de la région et l'ordre international dans son ensemble."