Journée des droits de l'homme : six prix décernés aujourd'hui dont un à Sergio Vieira de Mello à titre posthume

10 décembre 2003

Alors que partout dans le monde, des débats, déclarations et événements de tous ordres marquaient cette journée de commémoration, le Secrétaire général de l'ONU célébrait ces « défenseurs des droits de l'homme » toujours « en première ligne, faisant naître l'espoir là où sévissent la tyrannie et la violence » en même temps qu'il rappelait que le 19 août dernier, à Bagdad, un coup terrible avait été porté à cette cause.

Dans son message, Kofi Annan a rendu hommage aux hommes et aux femmes qui « s'emploient à préserver l'état de droit, à faire reculer la violence, la pauvreté et la discrimination, et à bâtir les fondements d'une société plus libre, plus juste et plus démocratique. »

Il a également évoqué l'attaque perpétrée contre le quartier général de l'ONU à Bagdad, il y a moins de quatre mois. L'ONU, a-t-il dit, y a perdu son « son principal défenseur des droits de l'homme – Sergio Vieira de Mello, le Haut Commissaire aux droits de l'homme – décédé en même temps que 21 autres fonctionnaires dévoués au service de la paix et des droits de l'homme ».

« Un petit nombre de militants des droits de l'homme sont reconnus à leur juste valeur ; c'est le cas des personnalités et organisations qui recevront aujourd'hui le prix des droits de l'homme des Nations Unies pour 2003 », a ajouté le Secrétaire général.

Au siège de l'ONU aujourd'hui, se tenait effectivement une cérémonie de remise des Prix des droits de l'homme, organisée par l'Assemblée générale réunie en séance plénière. Ces distinctions qui sont attribuées tous les cinq ans sont venues cette année récompenser Enriqueta Estela Barnes de Carlotto, Présidente des Grand-mères de la place de Mai qui, depuis 1976, lutte en Argentine pour retrouver les enfants disparus à la suite du coup d'Etat militaire, de Deng Pufang qui, à la tête de son association, défend en Chine le droit des personnes handicapées et d'une association jordanienne qui a réussi à lever dans son pays le tabou de la violence domestique et à susciter le débat sur l'égalité des sexes.

L'Assemblée a également récompensé Shulamith Koenig, une Américaine qui a fondé aux Etats-Unis le Mouvement pour l'éducation aux droits de l'homme avec pour objectif de créer une culture des droits de l'homme. Le cinquième des prix est allé au Réseau de la paix en Afrique de l'Ouest des Femmes de la rivière Mano, qui regroupe des organisations de femmes qui oeuvrent en faveur de la paix en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée.

Enfin un Prix spécial des droits de l'homme a été décerné a été décerné à titre posthume à Sergio Vieira de Mello.

Le Président de l'Assemblée générale a souligné que les droits inaliénables de tous les peuples et êtres humains à jouir pleinement de l'ensemble de leurs droits humains, que ce soit la liberté, l'égalité, la dignité, la justice sociale, l'autodétermination et le droit à être gouverné de façon démocratique, ne pouvait plus aujourd'hui être remis en question et que ceux qui attentaient à ces droits ne pouvaient s'attendre à le faire en toute impunité.

« En dépit des nobles engagements (…), l'universalité des droits de l'homme est une notion théorique plutôt qu'une réalité dans le monde contemporain », a pour sa part déclaré le Haut Commissaire aux Droits de l'homme par intérim, Bertrand Ramcharan.

« La pauvreté n'a pas reculé (…) les civils sont délibérément pris pour cibles dans les conflits (…) le terrorisme ajoute au fardeau qui pèse sur les peuples (…) les préjugés, le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie, l'antisémitisme, l'anti-islamisme, le rejet d'autres religions et diverses formes d'intolérance restent largement répandus parmi nous, souvent au sein de sociétés qui professent leur attachement aux idéaux de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration des droits de l'homme », a poursuivi M. Ramcharam.

« En cette Journée des droits de l'homme, mon cœur est avec les victimes des atteintes aux droits de l'homme de par le monde. Je plaide pour que cessent ces violations généralisées aux droits fondamentaux. Je plaide afin que le monde de la Déclaration universelle devienne réalité pour tous les peuples de la Terre. Je plaide en faveur de la démocratie, du régime du droit et de la justice », a-t-il encore ajouté.

Un peu partout dans le monde, à Bangkok en Thaïlande où le Centre de conférences de l'ONU accueillait un forum des jeunes sur ce sujet, au siège de l'université de l'ONU à Tokyo où a eu lieu une discussion autour du lancement d'un livre intitulé « Mondialisation des droits de l'homme » et encore au siège de l'ONU à New York les droits de l'homme ont fait l'objet de tables rondes, de débats, de déclarations, d'expositions.

 

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