Le monde est prêt à accepter un leadership américain fondé sur le multéralisme, a affirmé Kofi Annan à Los Angeles

4 décembre 2003

En visite à Los Angeles, Kofi Annan a prédit que le monde était prêt, malgré les dissensions récentes, à accepter un leadership des Etats-Unis qui s'exercerait dans le cadre du multilatéralisme et du dialogue. Il a rappelé le rôle moteur de ce pays dans la création de l'ONU et affirmé que ce faisant, il avait donné au monde, en aidant à le doter d'une organisation irremplaçable, une raison d'espérer.

En visite à Los Angeles, Kofi Annan a prédit que le monde était prêt, malgré les dissensions récentes à accepter un leadership des Etats-Unis qui s'exercerait dans le cadre du multilatéralisme et du dialogue. Il a rappelé le rôle moteur de ce pays dans la création de l'ONU et affirmé que ce faisant, il avait donné au monde, en aidant à le doter d'une organisation irremplaçable, une raison d'espérer.

Lors d'un voyage de deux jours à Los Angeles, le Secrétaire général, s'exprimant hier devant le « World Affairs Council », est revenu sur l'histoire de l'ONU et de l'engagement des Etats-Unis à son égard qui loin d'être « le produit d'une politique partisane » a été marquée par la ratification de la Charte des Nations Unies « l'un des grands actes bipartisans de l'histoire américaine », a affirmé Kofi Annan rappelant que le Sénat s'était prononcé par 89 voix contre 2 en faveur de cette charte.

« Depuis sa création, l'Organisation des Nations Unies porte par conséquent l'empreinte des Etats-Unis et les dirigeants américains l'ont toujours considérée comme essentielle à la sécurité du pays », a déclaré Kofi Annan.

Il a également évoqué le bilan de l'action de l'ONU, un bilan qui « est loin d'être parfait », a-t-il dit, rappelant que « le Conseil de sécurité (...) n'avait pu empêcher des atrocités telles que celles commises par les Khmers rouges au Cambodge, le nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie et le génocide au Rwanda. »

Toutefois et, « pour paraphraser un autre Américain, Henry Cabot Lodge, que l'un de mes prédécesseurs, Dag Hammarskjöld, aimait à citer, l'Organisation n'a pas envoyé l'humanité au paradis, mais elle a joué un rôle vital pour la préserver de l'enfer », a-t-il déclaré.

Il a fait observer que, « malgré l'équilibre précaire de la terreur nucléaire, qui aurait pu sonner le glas de l'humanité à tout moment, le monde n'a plus connu de conflit universel comme il l'avait fait deux fois en l'espace de 30 ans », que l'ONU « a permis d'aborder de nombreuses questions de sécurité et contribué à écarter la menace d'holocauste nucléaire » et qu'elle a « offert aux Etats une tribune essentielle pour débattre et échanger leurs vues, notamment lors de la crise des missiles cubains. »

En Corée du Nord, et aussi en Iraq au lendemain de l'invasion du Koweït, elle a permis « de préserver la paix et de faire cesser l'agression. (...) Elle a joué un rôle essentiel dans le règlement de la crise des otages au Liban et du conflit entre l'Iran et l'Iraq et dans le rétablissement d'une paix durable au Kosovo », a poursuivi Kofi Annan.

« Ce sont les soldats de la paix qui ont empêché les conflits au Moyen-Orient, au Cachemire, à Chypre, en Géorgie et ailleurs de dégénérer et de déstabiliser encore davantage la planète. Grâce à l'ONU, la paix a été rétablie dans de nombreux pays, notamment au Cambodge, en El Salvador, au Guatemala, au Mozambique, en Namibie, en Sierra Leone et au Timor oriental, pour ne parler que des 15 dernières années », a-t-il encore ajouté avant d'évoquer l'amorce de règlement au Moyen-Orient « pour lequel les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité demeurent la base communément admise d'une solution prévoyant deux Etats. »

Rappelant encore l'aide apportée par l'organisation à des millions de personnes touchées par la guerre, la famine et les inondations et le rôle de ses organes subsidiaires, tels que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l'Organisation mondiale du commerce et le GATT « qui ont permis de faire au cours du demi-siècle qui vient de s'écouler des progrès remarquables », le Secrétaire général a fait valoir que « à mesure que la logique d'empire cédait le pas à l'expansion économique, le monde devenait de plus en plus ouvert, de plus en plus confiant. »

Il « a rarement été aussi uni que dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre - uni et solidaire des Etats-Unis - , a-t-il souligné pour regretter aussitôt : « Mais comme ce moment d'unité semble loin aujourd'hui! »

« Des dissensions ont opposé la coalition qui est intervenue en Iraq et les nombreux gouvernements qui étaient contraires à une telle intervention.(...) Les gouvernements et les médias, en sont venus aux insultes », a-t-il rappelé, tout en faisant valoir qu'en « voulant faire taire tous ceux qui ne sont pas d'accord, on risque de se priver de conseils avisés. »

« Je considère pour ma part que tous ces événements ne font que confirmer l'utilité de l'ONU. L'action collective est nécessaire pour mettre fin à la prolifération des armes de destruction massive et pour reconstruire les sociétés en perdition. », a affirmé Kofi Annan face à son auditoire de la Côte Ouest américaine.

Il a défendu l'action collective comme étant le moyen « indispensable pour faire progresser les droits de l'homme et la démocratie, pour enrayer le réchauffement de la planète et la destruction de l'environnement et pour stopper la propagation du VIH/sida", domaine, a-t-il dit, « dans lequel le Président Bush a pris quelques initiatives encourageantes. »

« Notre pire ennemi est peut-être la peur », a encore ajouté Kofi Annan. « Si nous nous laissons gouverner par elle, semant du même coup la division, nous risquons de perdre la plupart des acquis que nous avons engrangés en un demi-siècle. »

« Je pense que le monde est prêt à accepter le leadership des Etats-Unis, mais je pense aussi que ce leadership suscitera davantage d'admiration et moins de ressentiment, et sera en fait plus efficace, s'il s'exerce dans un cadre multilatéral, repose sur le dialogue et l'instauration progressive d'alliances par la diplomatie et s'il contribue à renforcer la primauté du droit dans les relations internationales », a-t-il déclaré.

« En 1945, les Etats-Unis ont joué un rôle moteur dans la création de l'ONU; le monde y a gagné une institution irremplaçable et une raison d'espérer. L'ONU n'est pas parfaite, mais elle est indispensable à la sécurité et au progrès de toutes les nations, y compris la vôtre.(...) Je crois fermement que l'ONU représente l'espoir pour les femmes comme pour les hommes, pour les pauvres comme pour les riches et pour tous les pays, qu'ils soient grands ou petits », a conclu le Secrétaire général.

 

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