Le directeur de la FAO réclame un indispensable accroissement des ressources financières

2 décembre 2003

Devant les ministres de l'agriculture et les hauts responsables de 187 Etats membres et de la Communauté européenne réunis pour la 32e session de la Conférence générale de l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, son directeur a réclamé les moyens nécessaires au combat engagé contre la sous-alimentation et la pauvreté ainsi que tous « les défis du siècle nouveau. »

« La révolte contre la sous-alimentation et la pauvreté favorise les exploitations extrémistes qui parfois poussent au crime et à la déstabilisation des Etats », a souligné hier Jacques Diouf, le Directeur général de la FAO. « L'accroissement des ressources financières des partenaires au développement est indispensable pour relever les défis du siècle nouveau », a-t-il ajouté.

Soulignant la nécessité de mobiliser la volonté politique des décideurs nationaux et l'énergie de la société civile, ainsi que les moyens bilatéraux et multilatéraux, M. Diouf a fait observer que « l'existence de la faim dans un monde d'abondance n'est pas seulement un scandale moral, c'est aussi le résultat de politiques économiques à courte vue. »

Le directeur de la FAO a énuméré les défis à relever par l'organisation et a notamment cité la protection de la biodiversité et des ressources naturelles, la stabilisation et la croissance de la production alimentaire, le développement agricole et rural durable et l'amélioration de la consommation alimentaire dans le contexte de la mondialisation des échanges.

Pour le Directeur général de la FAO, « il ne peut y avoir de réduction de la faim et de la pauvreté sans le développement agricole et rural durable qui assure revenus et emplois. »

Près de 70% des pauvres dans le monde vivent dans des zones rurales et dépendent de l'agriculture pour leur survie. L'agriculture apporte du travail à 40% de la population dans les pays en développement, soit 2,5 milliards de personnes, rappelle le communiqué de l'agence publié aujourd'hui.

En ce qui concerne le VIH/SIDA, M. Diouf a indiqué que la coopération avec le programme ONUSIDA se poursuivait pour identifier les dimensions agricoles de l'épidémie et les mesures à prendre au niveau des programmes et projets de la FAO. Selon les chiffres des Nations Unies, quelque 8 millions de travailleurs agricoles ont été emportés par le SIDA depuis 1985 et 16 autres millions pourraient mourir d'ici 2020.

La FAO souhaite une coopération accrue avec les Etats, les partenaires au développement et les institutions financières afin d'assurer les investissements nécessaires pour le développement agricole et rural durable, a déclaré Jacques Diouf.

Présentant le programme de travail et le budget de la FAO pour l'exercice biennal 2004-2005, sur lesquels doit se prononcer la Conférence, le directeur a mis en garde contre de nouvelles réductions budgétaires. La réforme de la FAO engagée en 1994 s'est traduite par une réduction des effectifs de près de 30% et la FAO est aujourd'hui présente dans 131 Etats Membres contre 106 en 1994, a-t-il indiqué.

« Le budget de la FAO, après avoir baissé en 1996-1997, n'a pas augmenté en termes réels depuis une décennie. Le budget actuel de 651,8 millions de dollars pour 187 Etats Membres est inférieur de 21,4 millions de dollars à celui de 1994-1995 au moment où l'Organisation ne comptait que 169 Membres. Pendant la même période, l'inflation cumulée en Italie a atteint 35% », a fait valoir le directeur général de l'agence.

Sur les trois propositions soumises à la Conférence pour le Budget 2004-2005, l'une préconise un taux de croissance réelle de 5,5% par rapport à l'actuel budget approuvé. La seconde prévoit un scénario de croissance réelle zéro ce qui revient à un gel budgétaire, la troisième consiste en une croissance nominale zéro, soit une réduction du budget en termes réels de 35,2 millions de dollars en 2004-2005.

Les effets de cette dernière option ne se limiteraient pas, a souligné M. Diouf, aux réductions des dépenses globales engagées pour la mise en oeuvre des programmes sur les pêches et les forêts, mais se traduiraient aussi par une réduction de près de 160 postes sur l'ensemble des effectifs de la FAO et 650 en l'absence de recouvrement fractionné des contributions des Etats Membres en deux monnaies: le dollar et l'euro.

 

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