Territoires palestiniens : la construction du mur contraire aux buts de la Feuille de route, affirme Kofi Annan

28 novembre 2003

"Israël ne se conforme pas à la demande de l'Assemblée générale" qui, le 21 octobre dernier, lui demandait d'arrêter la construction du mur en territoire palestinien, et, ce faisant, agit de façon "profondément contraire au but recherché", indique le Secrétaire général dans un rapport rendu public aujourd'hui.

Rappelant qu'Israël avait déclaré à plusieurs reprises que l'édification de la barrière était une mesure temporaire, Kofi Annan fait valoir que « l'ampleur des travaux de construction et la superficie de terres de la Cisjordanie qui soit sont réquisitionnées pour sa construction soit se retrouveront entre la barrière et la Ligne verte, constituent un sujet de grave préoccupation et comportent des conséquences pour l'avenir. »

« En plein milieu du processus de la Feuille de route, à un moment où toutes les parties devraient faire, de bonne foi, des gestes propres à renforcer la confiance, l'édification de la barrière en Cisjordanie ne peut être considérée à cet égard que comme un acte profondément contraire au but recherché », ajoute le Secrétaire général qui souligne également que « le fait que l'essentiel de cet édifice se trouve sur des terres palestiniennes occupées pourrait nuire aux négociations futures. »

Le droit et le devoir d'Israël de se protéger « ne doit pas être rempli d'une manière qui est contraire au droit international, qui pourrait porter préjudice aux perspectives de paix à long terme, en rendant plus difficile la création d'un État palestinien indépendant, viable et continu, ou qui accroît les souffrances du peuple palestinien », indique Kofi Annan.

« La solution de deux États – Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, comme le Conseil de sécurité l'a préconisé dans ses résolutions 1397 (2002) et 1515 (2003) – jouit d'un large soutien au sein de la communauté internationale. Ce soutien doit être mobilisé d'urgence pour aider les parties à parvenir à cette fin », affirme-t-il.

Le rapport, qui s'appuie sur des documents du Ministère israélien de la défense et les observations effectuées sur le terrain, indique que la barrière est constituée d'une clôture équipée de détecteurs électroniques, d'un fossé pouvant atteindre quatre mètres de profondeur, d'une route de patrouille asphaltée à deux voies, d'une route de dépistage qui consiste en une bande de sable lisse permettant de détecter des traces de pas, de six rouleaux de barbelés empilés qui marquent le périmètre des installations. L'ouvrage a une largeur de 50 à 70 mètres en moyenne, celle-ci pouvant atteindre 100 mètres à certains endroits.

« Divers systèmes d'observation sont installés le long de la clôture », selon des documents du Ministère de la défense. Il s'agit apparemment de caméras et de miradors disposés sur certains emplacements où la barrière est constituée de parois en béton, indique le rapport. Ces murs en béton couvrent une distance de 8,5 kilomètres environ sur les quelque 180 kilomètres de barrière qui ont été construits ou sont en cours de construction. Il est prévu également des barrières secondaires qui forment une avancée à l'est de la barrière principale.

Le tracé prévu formera une ligne continue qui s'étendra sur une distance de 720 kilomètres le long de la Cisjordanie. Une carte indiquant les tronçons achevés et les tronçons planifiés a été affichée sur le site Web du Ministère de la défense le 23 octobre 2003, soit deux jours après l'adoption de la résolution ES-10/13 de l'Assemblée générale sur cette question, signale également le document.

 

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