L'ONU cherche à garder une "visibilité réduite" dans le Sud-Est et l'Est de l'Afghanistan

L'ONU cherche à garder une "visibilité réduite" dans le Sud-Est et l'Est de l'Afghanistan

Tandis que les élections des délégués à la Loya Jirga constitutionnelle touchent à leur fin, que s'engage le désarmement des groupes armés dans le Nord et que des chantiers de réhabilitation des infrastructures se poursuivent, l'ONU cherche les moyens de diminuer ses effectifs dans le Sud-Est et l'Est de l'Afghanistan pour « diminuer sa visibilité » tant que le gouvernement afghan et la communauté internationale n'auront pas ré-examiné les problèmes de sécurité.

Le processus de démobilisation-réintégration se poursuit dans les deux secteurs pilotes de Gardez et à Kunduz où, samedi dernier en fin de journée, on comptait 403 et 677 combattants démobilisés, indique un communiqué diffusé hier par la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan (MANUA). En matière de formation, les souhaits exprimés à Gardez allaient par ordre d'intérêt décroissant aux métiers de tailleur et ferronnier, au déminage et au lancement de petits commerces. Rejoindre l'armée ou la police afghanes a fait partie des choix plus fréquemment retenus à Kunduz qu'à Gardez.

La collecte de l'armement lourd appartenant à des divisions des deux principaux groupes armés du Nord du pays, le Jamiat et le Jumbesh, a commencé vendredi. Cette opération fait suite à un accord conclu le 26 octobre. Le Jamiat a remis 42 armes lourdes, le Jumbesh trois, indique également la MANUA. Il est prévu que les opérations de désarmement-réintégration dans cette région ainsi qu'à Kaboul commencent en décembre.

Les élections des représentants à la Loya Jirga constitutionnelle (LJC) se poursuivent ; cinq sur les six élections restantes devraient être achevées d'ici à la fin novembre et la sixième le 6 décembre. Parallèlement, les mille ouvriers du chantier de rénovation de l'Institut polytechnique de Kaboul, où doit se tenir la LJC, continuent à s'affairer. Achevée à 85%, cette opération dont le coût s'élève à 2,6 millions de dollars, est conduite par la MANUA et le Programme de l'ONU pour le développement.

Six centres postaux et téléphoniques sont également en cours de réhabilitation dans quatre provinces, alors que les travaux des centres de Kaboul sont achevés ou devraient l'être le mois prochain. Cette opération est mise en oeuvre par le ministère afghan des télécommunications et l'Office international des migrations et est financé par les Etats-Unis.

L'ONU continue de son côté à étudier un réajustement à la baisse de ses effectifs dans le Sud-Est et l'Est du pays, à un niveau qui permette toutefois le maintien de ses activités dans ces régions.

« Ce sont des mesures temporaires destinées à diminuer notre visibilité jusqu'à ce que la situation soit réévaluée probablement dans deux semaines », a indiqué hier, à Kaboul, un porte-parole de la MANUA. « Il faut que le gouvernement afghan avec l'aide de la communauté internationale et de la coalition, se penche sur la question de la sécurité », a-t-il ajouté.

Les opérations sur les routes au départ de Kandahar, Jalalabad et Gardez sont toujours suspendues, a-t-il également indiqué.

La suspension de certaines activités de l'ONU dans le Sud-Est et l'Est du pays a été décidée après qu'une collaboratrice du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Bettina Goislard, ait été assassinée le 16 novembre dernier dans la ville de Gazni à 100 km au sud de Kaboul.