Le Représentant de l'ONU pour la R.D. du Congo alerté sur la « situation explosive » du Nord-Katanga

21 novembre 2003

Lors d'une conférence de presse qui se déroulait à Lubumbashi au Katanga, le Représentant spécial pour la République démocratique du Congo (RDC), William Swing, a répondu aux questions qui lui étaient posées sur « la situation explosive au Nord-Katanga » où des cas d'anthropophagie sont signalés, sur la présence des groupes armés étrangers sur le territoire de la RDC et sur ses récents entretiens avec le Président du Rwanda.

Sur ses entretiens avec le Président rwandais, Paul Kagame, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la RDC a précisé, selon le communiqué publié aujourd'hui par la MONUC, la Mission de l'ONU dans le pays, que sa visite à Kigali s'inscrivait dans le cadre de « contacts réguliers dans la sous-région. »

Les discussions avec le Président Kagame que M. Swing a qualifiées d' « assez fructueuses » ont porté, a-t-il dit, sur « les nouvelles mesures de confiance envisageables afin d'améliorer l'atmosphère dans la sous-région et permettre la tenue de la conférence internationale sur les Grands Lacs en juin 2004. »

« Nous avons aussi longuement discuté de la question des groupes armés étrangers présents dans l'Est de la RDC - ex-FAR et Interahamwe - de ce qu'il faut faire pour qu'ils quittent cette partie du pays, surtout avant les élections », a précisé l'envoyé de l'ONU.

A une question concernant les assertions des autorités congolaises « qui continuent de dénoncer la présence de militaires rwandais sur le sol congolais », M. Swing a répondu que la MONUC recevait beaucoup de rapports sur la présence de groupes armés dans le pays, qu'elle essayait d'enquêter mais qu'il n'avait pas de résultats à communiquer à ce jour.

En revanche, il a insisté sur l'urgence qu'il y avait à démarrer le processus de désarmement-réinsertion des combattants, soulignant que « l'assistance financière de la Banque mondiale est déjà là ainsi que celle du PNUD et de la MONUC » et que « l'on assiste à la volonté de certains combattants de se laisser désarmer, d'être démobilisés. Ils veulent (...) suivre une formation pouvant les conduire à une carrière civile. Il est urgent que soit mis sur pied ce genre de programme le plus vite possible pour ceux qui veulent contribuer à la reconstruction du pays », a indiqué M. Swing.

Aux questions concernant la « situation explosive qui règne pour le moment dans le nord du Katanga où les groupes armés opèrent des exactions de toutes sortes sur la population » et sur les cas d'anthropophagie qui s'y dérouleraient, le Représentant spécial a répondu en indiquant que sa visite lui permettait de se faire une idée plus précise de la situation.

Il a affirmé que la MONUC allait faire en sorte d'être plus présente aux endroits qui ont été signalés, Malemba-Nkulu, Ankoro, Manono et Kabalo, « dans un très proche avenir. »

Cependant « même un nouveau mandat et 10 800 hommes de troupes ne suffisent pas pour être partout à la fois » a fait remarquer M. Swing. « Nous avons dû réduire l'espace de déploiement de nos troupes parce que le pays est vaste alors que le nombre de nos troupes est limité. »

Evoquant les difficultés rencontrées par la MONUC, il a indiqué qu'elle rencontrait « des problèmes d'accès de tous les côtés » citant le cas de Goma « où l'on nous a empêchés de vérifier la présence des troupes étrangères. »

« Ici, ce n'était pas possible parce que les autorités militaires sur place ont dit que nous ne pouvions pas faire des inspections ; nous avons protesté contre cela dans un communiqué de presse», a ajouté M. Swing.

 

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