R.D. du Congo : la reprise des combats au Sud-Kivu déclenche un nouvel exode

R.D. du Congo : la reprise des combats au Sud-Kivu déclenche un nouvel exode

Les combats qui ont éclaté entre la milice Maï-Maï et les rebelles rwandais, vendredi dernier, dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), ont provoqué l'exode de milliers de civils tandis que dans d'autres secteurs de l'Est du pays, les équipes humanitaires de l'ONU découvrent que, de 5 à 80 ans, ce sont des milliers de petites filles et de femmes qui ont été torturées et violées et que d'autres informations font état de cannibalisme et de génocide à l'égard des Pygmées.

Un afflux massif de population, estimé à 2 à 3 000 personnes, dans la zone rurale de Mwenga limitrophe de la province de Kindu, après que des combats aient éclaté dans le Sud-Kivu, a pris de court les agences humanitaires qui, selon les informations communiquées aujourd'hui par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), s'emploient à coordonner leurs efforts.

Le retour des personnes déplacées et des réfugiés n'a fait qu'exacerber une situation alimentaire déjà précaire dans une région où les fermiers refusent de cultiver une terre pourtant fertile en raison de l'insécurité et des pillages, indique OCHA. La population y est estimée à 375 000 personnes, dont des dizaines de milliers de déplacés internes et des centaines, voire des milliers de réfugiés rwandais qui souhaitent s'installer en RDC.

De son côté, le Programme alimentaire mondial de l'ONU qui a désormais accès à des secteurs jusqu'alors inaccessibles en raison des combats, signale que s'y sont produit des atrocités à une échelle encore jamais rencontrée par le personnel du PAM. Des milliers de petites filles et de femmes de 5 à 80 ans ont été violées et torturées, indique les équipes chargées de distribuer de la nourriture dans des centres de soins à Bukavu et Goma qui pensent n'avoir encore été confrontée qu'à la partie émergée de l'iceberg.

Sur le site de l'UNIFEM, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme, on trouve les précisions suivantes : "En République démocratique du Congo où on pense que des centaines de milliers de femmes ont été violées depuis 1998, des cas de mutilation sexuelle et de cannibalisme ont été signalés en 2003, des actes de cannibalisme et le génocide ayant été pratiqués par les groupes armés à l'encontre des Pygmées."