Débat général J+3 : Vladimir Poutine lance un vibrant plaidoyer en faveur de "l'irremplaçable" ONU

25 septembre 2003

A la tribune de l'Assemblée générale, ce matin, pour le troisième jour du débat général, le Président de la Russie s'est fait l'avocat de l'ONU, affirmant que l'organisation était en train de devenir la base de l'action internationale contre le terrorisme et que l'ampleur de son action humanitaire en faisait l'endroit où se rencontraient la politique et la morale.

« Le temps qui a passé n'a fait que rendre plus évidente l'importance des instruments fournis par l'ONU, » a affirmé (en anglais) le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, ce matin, devant l'Assemblée générale réunie pour son troisième jour de débat général. « Non seulement ces instruments sont très recherchés mais, comme la vie même l'a prouvé, ils sont, dans les cas critiques, tout simplement irremplaçables. »

A propos de la question iraquienne, Vladimir Poutine a affirmé que « la position claire de la Russie n'avait pas varié » et que « seule la participation directe des Nations Unies dans la reconstruction de l'Iraq permettrait à son peuple de décider en toute indépendance de son avenir. »

« Il y a trois ans, m'exprimant lors du sommet du Millénaire, j'ai dit que le terrorisme était l'ennemi commun des nations unies. Est-ce que la voix de la Russie a été entendue à l'époque ? Est-ce que quiconque a pris au sérieux cette menace ? Est-ce que nos actions conjuguées ont été adaptées en conséquence ? », a poursuivi le Président russe.

« C'est vrai », a-t-il ajouté, « aujourd'hui, nous entendons ce que les autres ont à dire. Et nous comprenons que l'ONU est vouée par sa mission à devenir la base de la coalition mondiale contre le terrorisme et que c'est ce qui est en train de se produire. »

Vladimir Poutine, qui succédait à la tribune au Président de la République de Chypre (en anglais), Tassos Papadopoulos a également vanté l'action humanitaire de l'organisation.

« C'est une sphère, a-t-il-dit, qui absorbe la part du lion des efforts, du temps et des fonds de l'ONU et qui, pourtant, ne fait pas souvent la une de l'actualité et n'est pas non plus toujours connue des citoyens des Etats les plus prospères », avant d'ajouter que, cependant « les Nations Unies aidaient des millions de personnes sur la planète, les victimes de la faim, de maladies ou de conflits, à survivre et à continuer d'espérer. »

« C'est ce qui confère une autorité politique et morale incontestable à toute l'organisation des Nations Unies et c'est là où l'interaction entre le contenu moral et politique des activités internationales est la plus évidente », a-t-il ajouté.

Même s'il y reconnu que « les changements constants qui s'opèrent dans le monde dictent la logique de l'évolution de l'ONU », le Président de la Fédération de Russie a prévenu « Nous devons être extrêmement prudent lorsqu'il s'agit d'interférer dans le tissu même et les mécanismes de l'ONU. »

« Les problèmes de l'ONU ne sont pas en soi seulement ses problèmes. Ils reflètent les contradictions qui existent dans le système même des relations internationales », avait-il auparavant souligné, avant d'ajouter que « les membres de cette organisation savent très bien que toutes les réalisations des Nations Unies sont, en règle générale, nos succès communs et que, dans le même temps, tous les échecs sont le fruit de nos erreurs de jugement. »

« Savoir cela implique de grandes responsabilités », a-t-il ajouté.

Affirmant que « toute tentative de modernisation de l'ONU doit être précédée d'une analyse extrêmement sérieuse et de calculs très précis », il a fait remarquer que toutes les possibilités qu'offrait l'ONU n'étaient pas exploitées. « Nous avons encore à apprendre à utiliser nombre de ses ressources », a-t-il affirmé.

Le Président Poutine a énuméré ce qui, à ses yeux, permettra d'éradiquer « les menaces qui planent sur la civilisation ». « Cela inclut, a-t-il dit, l'universalisation des régimes existants de non-prolifération, le renforcement des instruments internationaux de vérification et l'introduction d'une technologie sûre dans les domaines de l'énergie et de la production nucléaire. Et par dessus tout le fait que les Etats renoncent à maintenir des arsenaux excessifs et des programmes militaires susceptibles (...) de déclencher une course à l'armement ». Il a annoncé que la Russie s'obligeait désormais à ne pas être le premier pays à déployer des armes offensives dans l'espace extra-atmosphérique.

Revenant à l'ONU, Vladimir Poutine a rappelé que « sa structure solide avait résisté aux chocs de la seconde moitié du XXème siècle » et qu'à « son école, l'humanité avait appris qu'il n'y avait pas d'autre alternative que de joindre ses efforts pour construire un monde meilleur. »

« La Russie est convaincue que les Nations Unies doivent garder leur rôle central. C'est notre choix et notre position stratégique », a-t-il conclu.

 

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