République démocratique du Congo : regain de tension à Bunia

16 septembre 2003

La situation à Bunia, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), s'est tendue à nouveau au cours des dernières 48 heures après que des coups de feu aient été échangés entre un hélicoptère de l'ONU et des miliciens à l'extérieur de la ville et que des manifestants aient ouvert le feu, blessant une dizaine de personnes.

Un accrochage s'est produit aujourd'hui à proximité de Bunia entre un hélicoptère de l'ONU et des miliciens qui se trouvaient dans un camion se dirigeant vers Bunia, a indiqué ce matin le porte-parole de l'ONU à New York. Les miliciens ont fait feu en direction de l'hélicoptère qui effectuait une patrouille aérienne et venait de repérer le camion. Il a riposté, touchant deux membres du groupe.

La mission indique également que des tirs ont éclaté hier à la suite d'opérations de recherche d'armes menées par la brigade de l'Ituri qui avait fixé à 10 h l'heure limite pour débarrasser Bunia des armes qui s'y trouvaient encore.

Les soldats de l'ONU ayant confisqué un stock d'armes et de munitions trouvé dans un local utilisé par l'Union des patriotes congolais (UPC), l'une des deux principales factions armées qui avait pris le contrôle de la ville au prix de luttes acharnées et meurtrières avec la milice rivale du Front de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI), des supporters de l'UPC ont alors organisé dans les rues de Bunia une manifestation hostile à la Brigade de l'Ituri. Des manifestants, dont on pense qu'ils appartiennent à l'UPC, ont ouvert le feu, blessant une dizaine de personnes et la mission de l'ONU a dû tirer en l'air pour disperser la foule.

Selon les dernières informations en provenance de la MONUC, la mission de l'ONU en RDC, le calme est revenu dans la ville mais l'atmosphère demeurait tendue.

De violents affrontements entre l'UPC et le FRPI se sont produits à Bunia, en mai et juin dernier, faisant plus de 400 victimes et la transformant en « ville fantôme » selon les termes employés par la Coordinatrice humanitaire de l'ONU, Carolyn McAskie, après sa visite de la ville. Le calme était revenu avec l'arrivée d'« Artémis », la force multinationale intérimaire européenne sous commandement français et mandat de l'ONU à laquelle a succédé le 1er septembre la Brigade de l'Ituri de la MONUC.

 

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