Libéria : Kofi Annan, dans un nouveau courrier, incite le Conseil de sécurité à passer à l'action

30 juillet 2003

Jugeant « absolument indispensable d'accélérer le déploiement à Monrovia de la force d'avant-garde de la CEDEAO, qui doit ouvrir la voie à un déploiement rapide de la force multinationale », le Secrétaire général de l'ONU, dans une nouvelle lettre au Conseil de sécurité ayant trait à la situation au Libéria, insiste pour que celui-ci « se prononce rapidement » sur la création d'une mission de maintien de la paix de l'ONU dans ce pays qui viendrait relayer la force multinationale d'urgence.

Jugeant « absolument indispensable d'accélérer le déploiement à Monrovia de la force d'avant-garde de la CEDEAO, qui doit ouvrir la voie à un déploiement rapide de la force multinationale », le Secrétaire général de l'ONU, dans une nouvelle lettre au Conseil de sécurité ayant trait à la situation au Libéria, insiste pour que celui-ci « se prononce rapidement » sur la création d'une mission de maintien de la paix de l'ONU dans ce pays qui viendrait relayer la force multinationale d'urgence « de façon à faciliter la mobilisation rapide des effectifs militaires requis pour cette phase. »

Dans ce courrier placé sous le sceau d'une urgence justifiée par « la détérioration brutale de la situation sur le terrain qui a fait suite à la reprise des combats à Monrovia le 18 juillet », Kofi Annan insiste auprès du Conseil pour qu'il envisage de prendre des décisions concernant les différentes forces impliquées dans le processus de rétablissement de la paix au Libéria, dans la mesure où, écrit-il, « les déploiements prévus dans les trois phases », décrites dans la lettre, « sont étroitement liés. »

Lors de la réunion qu'ils ont tenue à Dakar le 22 juillet 2003, précise le Secrétaire général, la Commission de défense et de sécurité et le Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO (la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) ont décidé que la force que celle-ci était prête à déployer au Libéria, comprendrait deux bataillons nigérians (dont un serait issu de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone) et un troisième bataillon composé de troupes ghanéennes (250 hommes), maliennes (250 hommes) et sénégalaises (250 hommes).

“Il pourrait être du ressort du Conseil de sécurité de donner à la MINUSIL le mandat dont celle-ci a besoin pour utiliser ses ressources en vue d'appuyer pleinement le déploiement et l'entretien de la force d'avant-garde de la CEDEAO. J'engage par conséquent le Conseil à examiner d'urgence cette question”, écrit Kofi Annan.

Il rappelle également qu'à la force d'avant-garde dont « la CEDEAO est en train d'arrêter le concept d'opérations », devraient succéder des « forces déployées au titre de la deuxième phase, plus particulièrement celles de l'État membre appelé à diriger la force multinationale » qui serait elle-même relevée « aussitôt que possible par une opération de maintien de la paix des Nations Unies. »

« Il est également indispensable que le Conseil de sécurité accepte de donner à la force de maintien de la paix des Nations Unies que l'on se propose de créer un mandat suffisamment solide pour qu'elle ait de réelles capacités de dissuasion », indique également Kofi Annan qui décrit par ailleurs quels pourraient être les objectifs et le mandat de la mission de l'ONU au Libéria qui serait placée sous la responsabilité du Représentant spécial pour le Libéria, Jacques Paul Klein.

Dans un premier courrier adressé le 28 juin dernier, le Secrétaire général avait demandé au Conseil de sécurité d'autoriser de toute urgence l'envoi au Libéria d'une Force multinationale conduite par un Etat membre de l'ONU. "Si la situation nous échappe totalement, les conséquences peuvent être terribles, non seulement pour le Libéria mais pour les pays voisins, la Sierra Leone et la Côte d'Ivoire", écrivait-il alors.

 

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