Le chef du Comité de l'ONU contrôlant la lutte contre Al-Qaida réclame aux Etats plus de volontarisme

29 juillet 2003

Les Etats doivent faire preuve d'une volonté politique plus affirmée dans leur lutte contre Al-Qaida et les groupes terroristes affiliés, a affirmé ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Président du Comité de l'ONU chargé de vérifier l'application des sanctions contre ces groupes.

Bien que la communauté internationale ait marqué des points contre le terrorisme, notamment en arrêtant des dirigeants de haut niveau d'organisations terroristes, les bombes qui ont explosé en Arabie saoudite, en Tchétchénie, au Maroc, au Yémen et en Afghanistan, sont une indication de l'ampleur de la menace et du défi à relever, a indiqué Heraldo Munoz, le Président du Comité chargé par le Conseil de sécurité de contrôler la mise en oeuvre des sanctions visant les Taliban et Al-Qaida. Le Comité a pu régulièrement actualiser la liste des membres d'Al-Qaida et des membres des Taliban encore en liberté, ainsi que celle des entités qui leur sont affiliées

M. Munoz a fait état d'un nombre relativement bas d'Etats ayant soumis des rapports sur les mesures qu'ils ont prises à l'encontre des groupes terroristes liés à Al-Qaida, indiquant que le Comité avait reçu « seulement 64 rapports » alors, a-t-il dit, que l'on sait que des individus ou des cellules, liés à Al-Qaida se trouvent dans un plus grand nombre de pays.

« Nous savons que certains Etats pensent qu'ils seront stigmatisés s'ils reconnaissent une présence d'Al-Qaida sur leur territoire », a déclaré le Président qui a toutefois prévenu que « si les informations fournies par certains Etats sur l'application des termes de la résolution 1267 s'avèrent insuffisantes, le Comité se verra obligé de refléter ces manquements dans son rapport annuel. »

Le Groupe de suivi qui vérifie pour le Comité toutes les informations faisant état d'une application insuffisante des sanctions, a participé aux travaux du Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI), chargé de la lutte contre les financements illicites et constaté que des ressources destinées à des organisations caritatives ou humanitaires continuent de financer des activités liées à Al-Qaida, a indiqué M. Munoz, ajoutant que « Al-Qaida continuait de recevoir des financements provenant du trafic de la drogue » et notamment du commerce de l'opium afghan.

Le Groupe a demandé aux Etats de faire preuve d'une volonté politique beaucoup plus affirmée pour faire face à cette nébuleuse mondiale qui continue de recruter des militants et qui, il faut le reconnaître, bénéficie souvent de la sympathie de certaines couches de population dans certaines régions », a-t-il indiqué.

Autre préoccupation du Groupe de suivi, les groupuscules composés d'individus ayant été formés en Afghanistan à l'utilisation d'explosifs, contre lesquels il demande aux Etats Membres d'accentuer leur lutte.

« Les travaux de ce Comité ne peuvent avoir d'effets positifs que si les Etats prennent des mesures efficaces de lutte contre le terrorisme", a fait observer son Président qui a réclamé l'appui du Conseil et indiqué que le Comité poursuivrait réunions publiques avec les Etats Membres et visites dans les pays afin de les inciter à améliorer leur action antiterroriste.

Créé en 1999 pour veiller à l'application des sanctions décidées à l'encontre de l'Afghanistan à l'époque des Taliban, le rôle du Comité a été progressivement élargi et inclut désormais le contrôle de la mise en oeuvre des sanctions visant Al-Qaida et les groupes terroristes affiliés. Il est aidé dans sa tâche par un Groupe de suivi composé d'experts spécialisés dans les embargos sur les armes et les déplacements, le contre-terrorisme et le financement du terrorisme.

 

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